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Une étude sociologique [1] commanditée par la Direction de la Population et des Migrations et menée par Angelina Etiemble [2]a dressé une typologie en cinq catégories des Mineurs Isolés Etrangers en fonction de leur histoire et des raisons les ayant poussé à quitter leur pays d’origine. Le classement proposé est le suivant [3] : les exilés : ils fuient une région en guerre, les persécutions, l’enrôlement forcé dans l’armée ou les troupes rebelles. Bien souvent, ils sont demandeurs d’asile. Certains ont transité par des camps de réfugiés, d’autres ont été recueillis par des proches, des communautés religieuses ou des organisations humanitaires qui tentent de les mettre à l’abri en les envoyant en Europe. Ces jeunes-là, ont en général tout perdu, et n’ont aucune possibilité de retour.

les mandatés : ils sont envoyés en Occident par leurs parents pour y poursuivre leurs études, ou travailler et envoyer de l’argent à leur famille restée au pays. Les parents qui mandatent ainsi leurs enfants ne sont pas toujours indignes, mais sont souvent dans des situations économiques et sociales telles qu’ils considèrent que l’exil est la seule chance pour leur enfant d’échapper à la pauvreté et à de grandes privations. Cette catégorie concerne en majeure partie les jeunes venus d’Asie. Parmi les enfants mandatés pour étudier, certains ont connaissance de l’existence des services de l’Aide Sociale à l’enfance, et s’y présentent spontanément à leur arrivée, pour bénéficier d’une prise en charge.

les exploités : victimes de la traite (réseaux de prostitution, d’activités délictueuses, de mendicité, etc.), ils sont contraints au travail clandestin et illégal. Dans cette catégorie, on trouve en majorité des jeunes d’Europe de l’Est, roumains, ukrainiens, moldaves, etc. ;

les fugueurs : ils ont quitté le domicile familial ou l’institution dans laquelle ils étaient placés en raison de relations conflictuelles ou de mauvais traitements. Ce cas de figure concerne en particulier les enfants du Maghreb et d’Europe de l’Est.

les errants : ces jeunes-là étaient déjà en situation de rue dans leur pays, et au cours de leur errance, ils ont franchi plusieurs frontières. Ils vivent de petits emplois, de mendicité, de prostitution ou de délinquance.

Ces profils sont perméables et loin d’être exhaustifs. Un enfant peut relever de plusieurs de ces catégories, ou bien, évoluer d’une catégorie à une autre.

Notes

[1] Revue Migrations études, synthèse sur les travaux sur l’immigration et la présence étrangère en France, Les mineurs isolés étrangers en France, numéro 109, septembre-octobre 2002

[2] Migrations études : synthèse de travaux sur l’immigration et la présence étrangère en France, septembre-octobre 2002, par Angelina Etiemble, chargée d’étude pour l’association Quest’us

[3] International Association For Adolescent Health, ces adolescents qui viennent d’ailleurs, septembre 2003


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