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Traite, escalave et prostitution - Les réseaux de la honte

Publié le lundi 25 avril 2016 , mis à jour le mercredi 24 août 2016

Source : www.lexpressiondz.com
Auteur : Ali Amzal

« Le deal est simple, en plus du prix versé par tête d’enfant, les trafiquants s’engagent à reverser aux parents une partie des gains engrangés par chaque enfant et issus d’une activité illégale.

Ils prennent une ampleur sans précédent et se développent avec puissance, les réseaux de traite d’enfants puisent leurs gains dans le mouvement d’exode vers l’Europe déclenché ces dernières années. A cet effet, Europol déclare la disparition de 10.000 enfants réfugiés et migrants non accompagnés : « Plus de 10.000 enfants réfugiés et migrants non accompagnés, originaires d’Afrique et du Proche-Orient, auraient disparu sans laisser de traces en Europe », a déclaré un responsable de l’agence de coordination policière Europol, Brian Donald. Le chiffre est effarant et renseigne sur l’importance de l’activité des réseaux de traite d’enfants qui, selon les autorités européennes, se développe en infrastructure panaeuropéenne visant à tirer profit de la crise migratoire en Europe. Dans ce sens, il est à noter que 35% des migrants entrés en Europe depuis 2015, sont des enfants.

Ceci étant, il faut savoir que ces migrants qui ont fui la misère et la guerre dans leurs pays, se retrouvent dès leur arrivée en Europe à la merci de ces réseaux d’esclavage et de prostitution, fortement constitués . Et pour cause, ces derniers ont établi des relais de passeurs et de transporteurs de marchandise humaine, dans des points stratégiques, aux portes de l’Europe, à l’image de la Turquie qui favorise la fluidité de ces déplacements, ou l’Italie qui selon Europol aurait abrité 5000 enfants disparus. Mais également dans les pays d’origine des migrants tels que la Syrie et le Proche-Orient.

Le processus est parfaitement huilé et se base sur la terreur et la violence, et choisit ses proies parmi les familles qui essaient de sauver leurs enfants en faisant des sacrifices énormes pour payer leurs voyages . Alors qu’ils sont séparés de leurs parents dans les camps de transit ; les enfants s’imaginent naïvement qu’ils ont affaire à de simples passeurs, et traumatisés déjà durant le voyage par des traitements inhumains, ils se retrouvent rapidement sans défense et finissent généralement par faire l’objet de vente, de travail forcé, de proxénétisme, ou de trafic d’organes. L’un des moyens le plus utilisés par les « passeurs » pour soutirer toujours plus d’argent aux familles, demeure la détention. Les trafiquants pratiquent cette forme de torture durant les différentes étapes du voyage pour asservir davantage les victimes. Ils vivent alors, les pires moments de leur vie, ou ils se retrouvent souvent dans des cellules, à dormir sur le béton pendant des jours, ou encore ils seront parqués dans des hangars comme de vulgaires bêtes. Au bout du voyage ils se retrouvent démunis, sans argent, et surtout sans protection. C’est pour fuir les autorités de crainte d’être renvoyés dans leurs pays, et sous la pression des trafiquants, qu’ils atterrissent inlassablement dans les filets des réseaux mafieux. Une fois arrivées en Europe, d’autres sections du réseau prennent les relais et procèdent au placement de ces nouvelles recrues dans les milieux de la prostitution, et de l’esclavage en tous genres.
Dans ce sens, d’autres systèmes alimentent ces réseaux, et exploitent la détresse des familles qui ont été contraintes de vendre leurs enfants. Sur ce cas de figure la démarche est tout autre, cela devient comme une espèce de contrat passé entre les trafiquants et les parents. Le deal est simple, en plus du prix versé par tête d’enfant, les trafiquants s’engagent à reverser aux parents une partie des gains engrangés par chaque enfant et issus d’une activité illégale. Ainsi, on peut retrouver ces victimes dans des chantiers de bâtiment ou une activité domestique dans de grands palaces lorsqu’il s’agit de filles, mais très souvent c’est la prostitution et le crime caractérisé qui absorbent la majorité de ces enfants à qui on a volé leur jeunesse, leur innocence et leur vie.

Cependant, ces réseaux ne se contentent pas uniquement de traite d’enfants, ils sont souvent impliqués dans les trafics d’armes et de drogue, et l’alimentation des réseaux terroristes. C’est de cette façon, que les trafiquants procèdent à l’étalage de leur marchandise auprès des formations terroristes, tel que Daesh et El Qaîda avant de les acheminer vers leur destination finale, l’Europe. Selon la même source, le réseau est composé de trois départements : un marché régional européen, un marché régional associé au Moyen-Orient et un marché d’exportation de filles en Afrique occidentale.

Par ailleurs, tous les enfants migrants non accompagnés, ne connaissent pas le même sort, certains rejoignent des membres de leurs familles, ou sont pris en charge par les organismes de lutte contre ce phénomène . Ceci étant, la problématique reste foncièrement posée, les gouvernements demeurent dépassés par les flux incessants des migrants, et se soucient peu de respecter les droits de l’enfant. »

Voir en ligne : http://www.lexpressiondz.com/actual...


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