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Migrants mineurs : les associations lancent un appel à bénévoles

Publié le mercredi 17 août 2016 , mis à jour le mercredi 17 août 2016

Source : France Bleu

Auteur : Théo Hetsch

« Durant l’été, les associations manquent cruellement de bénévoles. C’est le cas de l’Association ABEJ (Association baptiste pour l’entraide et la jeunesse), qui vient en aide aux migrants mineurs isolés. Depuis un an, l’organisation leur donne un toit et à manger. Mais la période est compliquée.

Dans le seul département du Nord, plus de 500 mineurs sont seuls, tentant de survivre. Des associations leur viennent en aide mais en cette période de vacances, ils manquent cruellement de bénévoles - beaucoup sont partis en vacances. Alors, l’association Abej (Association baptiste pour l’entraide et la jeunesse) qui soutient ces jeunes, lance un appel à l’aide.

Dans la salle paroissiale Cana à Villeneuve d’Ascq, des tapis de sol et des duvets sont posés côte à côte. Pendant un mois, la paroisse accueille une trentaine de mineurs isolés étrangers. Entre la cuisine et l’organisation des couchages, les bénévoles ont un programme chargé. Marie Gourlet, une des responsables, rassemble les habits des jeunes pour les laver. "On y passe facilement une heure, voir une heure et demie par jour", raconte-t-elle, "quand ce n’est pas toute la nuit".

En tout, ils sont une soixantaine de bénévoles à se relayer tout le mois, le matin, le soir ou la nuit pour surveiller que tout se passe bien. Mais ça ne suffit pas. "En priorité, nous avons besoin de volontaires pour assurer la nuit - de 20h le soir à 7h du matin" explique Marie Delabarre, en service civique à l’Abej et qui coordonne les bénévoles. "Mais on sait que c’est contraignant, il est possible de s’investir autrement : le soir ou le matin pour les repas".

L’aide est en tout cas indispensable pour ces jeunes. Ils attendent d’être reconnu officiellement mineurs par le département, pour pouvoir être pris en charge par la protection de l’enfance. Mais comme il y a beaucoup de dossiers, ils risquent de rester plusieurs mois dans la rue.

Abdelaziz, un camerounais de 17 ans, a du vivre ainsi plusieurs mois. Il est arrivé à Lille il y a 2 ans : "J’ai dormi un peu partout dans la rue, parfois dans des églises", raconte le jeune homme, "mais maintenant je dors mieux, je vais à l’école, je m’intègre, ma vie a changé". Cette aide permet même d’envisager l’avenir.

A côté, Daoda Cris, sorti de la rue et désormais pris en charge par la protection de l’enfance, suit un CAP de cuisiner : "je vais commencer ma deuxième année en septembre et plus tard, je voudrais être chef cuisiner", raconte-t-il des étoiles dans les yeux. Avec tout ce qu’ils ont enduré pour venir en France, leur visage est marqué et on oublie que ce ne sont que des enfants : "c’est mon rêve qu’on m’appelle chef en cuisine", poursuit Daoda Cris.

Pendant trois semaines, la paroisse Cana de Villeneuve d’Ascq va accompagner ces jeunes, avant qu’une autre paroisse ou association prenne le relais. C’est l’ABEJ qui se charge de trouver les associations partenaires et d’organiser l’arrivée des enfants.

Ce n’est pas la mission première de l’association, qui à l’origine vient en aide aux sans-abris. Mais la situation des mineurs isolés étrangers est tellement prégnante qu’elle prend de plus en plus de place dans leurs missions. A Lille par exemple, une soixantaine de jeunes, principalement originaires d’Afrique de l’Ouest, dorment depuis plusieurs mois dans le jardin des Olieux, au sud de la métropole. Une situation intolérable pour le directeur général de l’ABEJ à Lille.

La loi française et les conventions internationales obligent en principe la France à protéger ces jeunes. Cet accompagnement, nommé « l’aide sociale à l’enfance » est apporté par le Département.

La première étape est donc de déterminer si les jeunes sont effectivement mineurs. Le délai légal est de huit jours, mais face à l’afflux de dossier et au manque de place, de nombreux jeunes doivent attendre plusieurs mois avant, éventuellement, d’être aidés. Entre temps, ils vivent donc dans la rue. Le département a assuré ne plus avoir aucune place d’hébergement. Une étude de l’Unicef, publiée en fin d’année 2015, constate l’insuffisance des centres dédiés aux mineurs isolés.

La France, en laissant ces jeunes livrés à eux-mêmes, ne respecte donc pas la Convention des droits de l’enfant. Et ce, malgré les nombreuses injonctions : en novembre 2015, le Conseil d’Etat ordonne « de procéder au recensement des mineurs isolés en situation de détresse et de se rapprocher du département du Pas-de-Calais en vue de leur placement ».

Si vous souhaitez donner un coup de main à l’ABEJ et surtout à ces mineurs isolés étrangers, vous pouvez joindre Marie Delabarre au 06 66 73 69 25 ou par mail à mdelbarre@abej-solidarite.fr »

Voir en ligne : https://www.francebleu.fr/infos/soc...


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