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Parlement européen - Séance plénière du 4 octobre 2016 - Situation à Calais

Publié le jeudi 6 octobre 2016 , mis à jour le jeudi 6 octobre 2016

Source : www.europarl.europa.eu

Date : 4 octobre 2016

Situation à Calais

Pour revoir les débats sur la situation à Calais, dont la situation des mineurs non accompagnés/mineurs isolés étrangers, en intégralité, cliquer ici.

- Intervention de Nathalie Griesbeck :

« Madame la Présidente,

Madame et Monsieur les Commissaires,

Membre de la commission des libertés, j’ai eu ces dernières années, l’occasion de visiter de nombreux camps de réfugiés : à la frontière turco-syrienne, au Liban, en Italie, sur la route des Balkans, dans des camps organisés en Bavière…

Et malheureusement, le pire des camps que j’ai vu, c’est celui de Calais en juillet dernier.

Ce ne sont pas des choses qui se passent à l’autre bout du monde, ce sont des choses qui se passent en Europe, à quelques heures de cet hémicycle.

Pour ma part, je voudrais insister sur la situation des mineurs des mineurs non accompagnés, la situation des enfants à Calais, qui sont plus de 6000 [erratum – plus de 1000] aujourd’hui dans ce camp.

Un millier d’enfants qui sont exposés au froid, à la fatigue, aux peurs aux violences, aux harcèlements, au travail forcé, à la prostitution, au désespoir ! A la disparition – de multiples enfants ont disparu – et aussi à la mort – puisque certains de ces jeunes sont décédés, étouffés à l’arrière d’un camion ou percutés, la nuit, alors qu’ils tentaient de s’évader.

La semaine dernière, mon pays, la France, a été condamné concernant la situation d’un enfant kurde, dans ce camp, qui vivait dans la Jungle de Calais et qui a de la famille au Royaume-Uni. Mon pays a refusé, par deux fois, d’enregistrer sa demande d’asile, or chacun sait que la demande d’asile est une étape obligatoire avant de pouvoir demander une réunification familiale.

Au-delà de la polémique et au-delà de toutes ses situations tragiques, il y a trois choses essentielles et immédiates à faire concernant ces enfants :

La première, enregistrer tous les enfants qui arrivent sur le site de Calais et sur les multiples bidonvilles qui entourent ce secteur de mon pays
La deuxième c’est leur garantir à tous l’accès à une information précise, dans leur langue et adaptée à leur âge notamment sur leur droit de demander l’asile en France et sur les procédures de réunification familiale
Enfin, la troisième chose est de mettre en oeuvre un accueil et une mise à l’abri, qui soient adaptés, pour ne pas les laisser aux mains des passeurs et des réseaux criminels.
Ces trois mesures simples, elles doivent être mises en oeuvre dans l’immédiat, en attendant le démantèlement, de façon simplement à respecter nos obligations européennes et les Traités, merci. »

Intervention de Marie-Christine Vergiat :

Intervention d’Eva Joly :

« Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, la situation à Calais est insupportable. Chaque démantèlement, parfois à coup de bulldozer, ajoute à l’inhumanité de la situation. Le dernier en date, annoncé par François Hollande, doit se faire dans le plus grand respect des populations, en particulier des mineurs isolés, dont le plus jeune a seulement 10 ans, car, à chaque fois qu’un camp est démantelé, des enfants disparaissent. Leur sécurité doit être prioritaire.

Une solution décente et réaliste de relogement doit être proposée à chacun. Les demandes d’asile doivent être scrupuleusement et rapidement traitées, notamment outre-Manche. Deux enfants ont déjà perdu la vie en tentant de rejoindre le Royaume-Uni, alors qu’une procédure de regroupement familial aurait dû aboutir.

Quant à la construction de la grande muraille de Calais, c’est le summum de la honte. Je ne parle même pas de son inutilité. Aucun mur n’arrêtera ceux qui ont déjà bravé tous les dangers pour fuir la guerre. Personne ne veut de ce mur, ni les associations humanitaires, ni les routiers, ni même la maire de Calais.

D’autres solutions existent : Damien Carême, le maire de Grande-Synthe, l’a démontré avec la construction d’un camp humanitaire qui héberge dignement des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants. Il est temps de changer d’approche ; la répression sans alternative n’est pas une solution, elle ne fait que nous déshumaniser. »

Voir en ligne : http://www.europarl.europa.eu/ep-li...


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