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Ces minots d’ailleurs qui dorment dans les rues d’ici

Publié le lundi 12 juin 2017 , mis à jour le lundi 12 juin 2017

Source : www.laprovence.com

Auteurs : François Rasteau et Clair Rivière

Date  : 31 mai 2017

« Légalement, ils devraient être mis à l’abri par l’Aide sociale à l’enfance. Faute de places suffisantes en foyer, des dizaines de mineurs étrangers non accompagnés sont livrés à eux-mêmes dans la grande ville.

Ils sont en France depuis quelques semaines, quelques mois parfois, et ont déjà acquis des réflexes : à peine les aborde-t-on qu’ils extraient de leurs sacs une ordonnance judiciaire de placement en foyer ou un acte d’état civil de leur pays d’origine prouvant leur minorité.

Un geste qui pourrait être salutaire, mais qui reste malheureusement sans conséquence : Abdoulaye, 15 ans, et Souleymana, 16 ans, de Côte d’Ivoire ; Diouldé, 16 ans, et Mohamed, 17 ans, de Guinée-Conakry ; Prince, 17 ans, du Ghana, et quelques autres dorment tous les soirs sur l’esplanade de la gare Saint-Charles (1er arrondissement).

Pour une nuit ou deux, avant de poursuivre leur périple. Ou, le plus souvent, depuis quelques semaines, dans l’attente d’être pris en charge par les services de l’Aide sociale à l’enfance, une prérogative du Conseil départemental (CD). Lequel, faute d’avoir créé assez de places en foyer, ne parvient à faire face. À l’Association départementale pour le développement des actions de prévention des Bouches-du-Rhône (Addap 13), censée assurer la première "mise à l’abri, l’évaluation et l’orientation" de ces mineurs pour le compte du CD, on affirme avoir reçu plus de "200 personnes depuis janvier" pour... 21 places seulement de mise à l’abri. D’où la création d’une "file active", un euphémisme plus dynamique que "liste d’attente".

La plupart des jeunes rencontrés disent avoir traversé la Méditerranée sur ces embarcations de fortune que l’on aperçoit régulièrement dans la presse, surtout en cas de drame (*). "J’ai pris un bateau en Libye mais, la première fois, nous nous sommes fait arrêter par la police, détaille Diouldé. J’ai été mis dans un coffre de voiture et amené à la prison de Zawiya (centre de détention à l’ouest de Tripoli, Ndlr). J’y ai passé 21 jours, j’ai été torturé, on a demandé que mes proches fassent un virement sur un compte dans un autre pays..."

Ce type de récit, l’on pourrait les multiplier par le nombre de gamins croisés, mais eux préfèrent narrer leur quotidien. En ce jeudi 25 mai, une association caritative distribue des repas devant la faculté toute proche. "Mais ce n’est pas tous les soirs", précise l’un d’eux tout en mordant dans son sandwich. "Je suis arrivé il y a deux semaines. Si c’est dur ? C’est plus que ça, c’est désespérant, même s’il ne faut pas désespérer tant que l’on est encore en vie", avance Diouldé. "Les chefs de la gare, tous les jours ils viennent nous dire qu’il ne faut pas dormir ici, ils jettent nos couvertures. On est fatigués, dégoûtés, on n’a rien fait", confie un jeune Mauritanien majeur qui partage la galère des adolescents. "Je suis là depuis un mois et deux semaines... À l’association (l’Addap, Ndlr), on me dit que je dois patienter un peu... Mais il n’y a pas de place dans les foyers", soutient à son tour Souleymana.

Qui met fin provisoirement à la conversation : "On doit aller chercher les cartons dans les poubelles avant qu’ils les vident, pour dormir dessus." À leur retour, les minots les installent au sol, contre l’immense paroi vitrée de la gare. Leurs collègues ont remonté deux matelas cachés dans les buissons bordant la route. En anglais, Prince complète le tableau : "Il y a parfois des bagarres, ici, et des homosexuels qui passent..."

Émilie Touchot, directrice d’Imaje Santé, le déplore : "Quand on appelle le Département, on nous dit qu’il faut qu’ils se présentent à l’Addap le lendemain à 9 h et ça s’arrête là. C’est compliqué de dire à un jeune : “Tu vas passer plusieurs mois à la rue.”" "Le jeune en attente peut saisir le juge des enfants, qui peut ordonner un placement provisoire", assure pour sa part Hervé Gouyer, juriste pour l’association Espace Accueil aux étrangers. Ordonnance qui, faute de place, n’est pas toujours exécutée par le CD. "Le mineur peut alors saisir le tribunal administratif qui enjoint alors le CD de lui trouver en urgence un hébergement. À condition de prononcer une astreinte financière, sinon le Département n’en a cure." Suite à cela, il arrive que le CD finisse par dégoter en urgence des chambres d’hôtel. Mais encore faut-il mener ces démarches.

Abdoulaye, mineur arrivé dans les Hautes-Alpes via l’Italie, pourrait s’y coller. Le 11 avril, le procureur de la République de Gap a ordonné son placement provisoire auprès du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. "Mais il n’y a pas de place d’hébergement ici, lâche le jeune homme. C’est dur, cela fait plus d’un mois que je dors là."

Pourquoi envoyer cet adolescent de 15 ans à Marseille, où les foyers sont saturés ? "C’est sûrement dû à la cellule nationale d’appui à l’orientation, dont les statistiques ne seraient pas fiables. Elles ne prendraient pas en compte, par exemple, les mineurs placés par la Protection judiciaire de la jeunesse", estime Me Laurie Quinson, spécialisée en droit des étrangers.

Pour Abdoulaye, cette redirection n’est pas sans conséquence : "Il y a deux semaines, des tuyaux ont été installés au-dessus de là où on dort. À deux heures du matin, ils nous arrosent", lâche-t-il en installant ses cartons pour la nuit.

Emilie Touchot, directrice de l’association Image Santé : "Le besoin primaire, c’est qu’ils dorment en sécurité"

Dans le hall d’attente, deux jeunes Africains patientent. "Il y en a un qui est mineur ; il est arrivé à Marseille très récemment. Il a dû être hospitalisé pendant dix jours, il était complètement déshydraté. Ensuite, il a eu une nuit d’hôtel payée par le Département. Et maintenant, il attend une solution..."

Rue Estelle (6e arrondissement de Marseille), dans les locaux d’Imaje Santé, une association de prévention et d’accès aux soins dédiée aux 12-25 ans en général, pareille scène est devenue classique. Depuis quelques années, des gamins venus des quatre coins du globe, livrés à eux-mêmes, sans toit, sans argent, sans nourriture et sans protection, viennent se réfugier ici. Confrontés à cette défaillance flagrante des services de l’Aide sociale à l’enfance, les cinq psychologues, les trois travailleurs sociaux, les deux infirmières et le médecin de l’équipe tentent de faire face. La santé, comme la définit l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est "un état de bien-être physique, psychique et social", rappelle la directrice de l’association, Émilie Touchot. Entretien.

À quelle fréquence recevez-vous des mineurs isolés étrangers ?
Emilie Touchot : Tous les jours. Des fois, on a quatre à cinq jeunes dans la salle d’attente, qui se reposent. Quand ils arrivent pour la première fois, la conversation, c’est souvent : "Tu dors dehors ? - Oui, ça fait trois jours. - C’était quand, ton dernier repas ? - Il y a deux jours."

Dans quel état les trouvez-vous ?
Emilie Touchot : Certains viennent d’Afghanistan ou du Pakistan, mais ceux que l’on voit arrivent surtout d’Afrique subsaharienne, pour différentes raisons. En général, ils sont partis à pied. Ils ont mis plusieurs mois pour venir, avec la traversée de la Méditerranée en bateau. Quand ils parlent de la Libye, leur visage se fige en général, on sent que c’est très compliqué ce passage. Et puis, arrivés ici, c’est la longue attente... En termes de traumatismes, ils dorment très mal, font des cauchemars. On trouve aussi des pathologies des pays d’origine et d’autres dues au voyage - le mauvais sommeil et le manque d’hygiène, qui affaiblissent. Et puis la rue, ça rend malade - physiquement et psychologiquement.

Que pouvez-vous faire pour eux ?
Emilie Touchot : On décline notre palette santé habituelle, mais le besoin primaire, c’est de s’assurer qu’ils vont dormir en sécurité et manger correctement. Systématiquement, on appelle l’Addap pour savoir s’ils sont connus de leurs services. Neuf fois sur dix, la réponse est positive. Mais suivie de : "On n’a pas de place dans le dispositif d’évaluation et de mise à l’abri." Alors, on leur propose un thé, et on se sent un peu minables... Puis, pour qu’ils ne passent pas la nuit dehors, on passe notre journée à appeler des collectifs citoyens, comme le réseau Hospitalité ou Soutien Migrants 13. Mais des fois, à 19 h, on n’a pas de solution d’hébergement. Alors, on ferme la porte et on leur dit de revenir le lendemain. C’est horrible.

Légalement, pourtant, aucun enfant n’est censé se retrouver à la rue...
Emilie Touchot : Oui. En 1990, la France a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant, qui spécifie entre autres que tout mineur doit être protégé, hébergé, nourri et qu’on occupe de sa santé. Sauf que pour les mineurs étrangers non accompagnés, ce n’est pas le cas...

Comment expliquer ces carences des institutions ?
Emilie Touchot : Quand les jeunes migrants arrivent en se présentant comme migrants et isolés, le Département évalue (vérifie, Ndlr) qu’ils sont bien mineurs et qu’ils n’ont pas de famille. Ensuite, une fois que le jeune est reconnu comme mineur, la justice ordonne le placement, charge alors au département de s’en occuper. Mais dans les Bouches-du-Rhône, il y a peu d’assistants familiaux (familles d’accueil) et pas assez de places en foyer. Surtout, avant cela, pendant le temps d’évaluation - qui dure souvent trois à quatre mois, parfois plus -, le jeune doit être mis à l’abri. Mais dans les Bouches-du-Rhône, le dispositif dédié ne dispose que de 21 places... En général, quand les mineurs ont moins de 15 ans, ils sont pris en charge tout de suite, les filles aussi. Mais la plupart des autres sont soit en squat, soit hébergés par des familles (de manière citoyenne et bénévole, hors cadre légal), soit à la rue.

Quelle pourrait être la solution ?
Emilie Touchot : Il y a un problème économique, financier : apparemment, ce n’est pas une priorité pour le Département (en charge de l’Aide sociale à l’enfance). On parle avec les gens du Département, ils ont leurs contraintes budgétaires... Ils disent qu’ils ont augmenté les moyens - et c’est vrai - mais j’ai l’impression qu’ils pourraient faire plus. On ne laisse pas un jeune à la rue, c’est tout. Et puis, pourquoi la Ville et la préfecture ne s’y mettent pas aussi ? Ensuite, il faut cesser d’opposer les politiques et les réseaux militants. Si on se concertait tous, si les familles qui hébergent des jeunes (de manière informelle) étaient reconnues - quitte à ce que l’État reconnaisse qu’il ne remplit pas ses missions -, on y arriverait.

Oury, 15 ans, pris en charge par RESF

Droit sur la chaise, il répond doucement aux questions, en quelques mots à chaque fois. Oury a 15 ans - il les a eus le 22 décembre 2016 -, vient de Guinée-Conakry et est arrivé en France il y a deux mois. Il est parti de chez lui à 14 printemps à peine. Un peu jeune, pour effectuer le périple qu’il décrit.

Les motivations de son départ ? Raisons familiales, suite au décès de sa mère… "Mon oncle m’a donné de l’argent pour payer l’école. Je l’ai utilisé pour partir", confie-t-il. Il assure avoir rejoint Bamako, au Mali, puis Gao. "Là, il faut payer pour traverser le désert, et passer en Algérie." Puis c’est le départ, 70 personnes entassées sur des véhicules. "On roulait le matin tôt et à partir de la fin d’après-midi, pour éviter la chaleur et les contrôles… Il y a eu deux morts", souffle-t-il, à peine audible.

Quelque part entre Timiaouine et Silet, dans ’’Extrême-Sud algérien, Oury affirme être tombé entre les mains de djihadistes, qui l’auraient fait travailler de force. "Ils nous faisaient creuser des trous, affirme l’adolescent, sans pouvoir en donner les raisons. J’ai réussi à m’échapper, et me suis réfugié dans une famille. Mais ils ont eu peur (des représailles, Ndlr), et m’ont payé le voyage pour Tamanrasset dès le lendemain."

La suite ? Elle s’est passée à Oran, où Oury a travaillé comme manœuvre pendant plusieurs semaines - "mes patrons m’ont cogné". Ensuite, direction le Maroc, et sept mois d’attente dans les bois, à proximité de Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain. "Un jour, nous avons décidé de franchir les grillages de la frontière. Pour 200 dirhams, les chefs du camp fournissent cisailles, tenailles, pinces… Ce jour-là, nous avons été 500 à passer." C’était le 17 février 2017. Sur les barbelés tranchants, Oury a laissé quelques lambeaux de chair, comme en témoignent les cicatrices qu’il exhibe.

Méditerranée : au moins 20 cadavres de migrants repêchés
Son long périple s’est terminé à Marseille, à la gare. Il s’est rendu à l’Addap, mais n’a pas été pris en charge tout de suite. Pendant un mois, du 20 avril au 20 mai, sa mise à l’abri a été assurée par des militants et sympathisants du Réseau éducation sans frontières (RESF). Une aubaine pour le jeune homme, mais qui n’est pas sans conséquence. Une fois placé à Vitrolles dans un foyer d’urgence du Conseil départemental - un placement relativement rapide dû à son jeune âge -, Oury a dû abandonner le collège où les membres de RESF l’avaient scolarisé. "Ils mettent en place un accompagnement bénévole qui ne sera pas suivi une fois l’enfant pris en charge par l’institution", regrette Me Marlène Youchenko, conseil gracieux du jeune homme. L’engagement de RESF pallie pendant un temps le manque de réactivité de l’administration. Mais ces ruptures répétées compliquent aussi l’adaptation de ces jeunes, qui mériteraient sûrement plus d’attention, après l’enfer traversé.

"Pas de mineurs étrangers laissés sur le bord de la route"

L’ADDAP 13 et le conseil départemental 13 ont commenté la situation :

"Il n’y a pas de liste d’attente, c’est une file active", assure David Le Monnier, directeur du service Mineurs non accompagnés (MNA) de l’Association départementale pour le développement des actions de prévention des Bouches-du-Rhône (Addap 13). Cette structure est chargée par le conseil départemental de la mise à l’abri, l’évaluation et l’orientation des jeunes étrangers assurant être mineurs. Pour cela, elle est dotée de 21 places d’hébergement, à l’hôtel ou en appartements. Mais, avec plus de "200 passages depuis janvier", le nombre de lits semble insuffisant.

"Les plus jeunes peuvent être placés dans la journée", assure-t-il, alors que le jeune Oury est resté un mois chez les militants du Réseau éducation sans frontières (RESF). Et quid des délais de cette "file active" pour les adolescents plus âgés ? "On ne répond pas à cette question, ce serait perturbant pour les jeunes, ce serait mentir. Ce que je leur dis : ayez confiance, vous serez mis à l’abri à un moment ou à un autre." Impossible de savoir, donc, combien de mineurs sont actuellement à la rue ou pris en charge par des structures associatives et militantes...

Pourtant, l’Addap a été réorganisée en novembre 2016, et il lui a été alloué des moyens supplémentaires. "Nous avons six travailleurs sociaux pluridisciplinaires et un juriste, et nous sommes passés de 10 à 21 places de logement, assure le directeur. Nous ouvrons quatre matins et trois après-midi, et fournissons trois repas par semaine." Certes, mais le service MNA ne devrait-il pas avoir accès à plus de places d’hébergement ? "Aujourd’hui, je fais avec ce que j’ai. On a des moyens", rétorque David Le Monnier.

"Ce sont 437 mineurs non accompagnés qui sont pris en charge actuellement par le Département, assure pour sa part Brigitte Devesa, conseillère départementale déléguée à l’enfance. Et cela coûte 17,2 millions d’euros par an." Si elle a conscience de l’augmentation du nombre de mineurs étrangers - "il y en avait 180 en 2013" -, l’élue reste floue sur la liste d’attente de l’Addapt et sur les défauts de prise en charge suite aux obligations de placement prononcées par la justice : "Généralement, ils sont tous dans le circuit, il n’y a pas de mineurs étrangers laissés sur le bord de la route." Occupée cette semaine par une grève des professionnels de la protection de l’enfance qui assurent manquer de moyens pour encadrer les 3 193 mineurs soustraits à la garde de leur famille sur décision d’un juge, Brigitte Devesa assure : "Nous avons créé plus de 100 places d’accueil depuis deux ans, et une centaine de places devraient être créées d’ici à la fin de l’année. On essaye de travailler pour améliorer le sort des mineurs non accompagnés comme celui de nos enfants". Distinguo subtil.

Les mineurs isolés étrangers

Combien sont-ils en France ?
Il y aurait, selon Médecins du Monde, environ 10 000 mineurs isolés étrangers (MIE) en France métropolitaine. La Mission dédiée du ministère de la Justice a eu connaissance de "8 054 personnes déclarées mineurs non accompagnés" en 2016. Un nombre en augmentation. Selon la même source, ces MIE venaient surtout d’Afrique subsaharienne. Néanmoins, "à partir de la fin du mois d’août", on constatait "plus d’arrivées de mineurs venant de l’Afghanistan, d’Inde et du Bangladesh".

Qui doit s’en occuper ?
Seuls et vulnérables, les MIE relèvent de la protection de l’enfance, un dispositif "applicable à tout mineur en danger, sans condition de nationalité", rappelle Médecins du Monde. Il s’agit d’une compétence du Département, dont le service de l’Aide sociale à l’enfance doit prendre en charge ces mineurs. Dans les Bouches-du-Rhône, "l’accueil, l’orientation et l’accompagnement" des MIE ont été délégués à une association, l’Addap 13.

Des contrôles sont-ils réalisés ?
Pour s’assurer que de jeunes majeurs ne tentent pas de bénéficier du dispositif, de longues vérifications documentaires sont effectuées. Dans certains cas, la justice peut ordonner un test osseux censé déterminer si le jeune a plus ou moins de 18 ans. Une pratique dénoncée par de nombreux défenseurs des droits des étrangers, car la fiabilité et la précision de ce type de test sont franchement (et scientifiquement) sujettes à caution. L’examen du "développement pubertaire des caractères sexuels primaires et secondaires" a été interdit l’an dernier.

Quelles conséquences aux défaillances de l’accueil ?
Quand ils sont laissés à la rue pour cause de saturation du dispositif de mise à l’abri, les jeunes exilés se retrouvent à la merci de réseaux et de malfaiteurs en tous genres. Ils risquent notamment de subir diverses violences et d’être exploité sexuellement. Pour subvenir à leurs besoins, certains peuvent être amenés à verser eux-mêmes dans la petite délinquance.

Qu’advient-il d’eux lorsqu’ils atteignent 18 ans ?
À leur majorité, ils peuvent être autorisés à s’établir en France de manière pérenne, mais aussi être expulsés ou, du moins, être contraints à passer dans la clandestinité.

A voir : le documentaire "Récits d’une jeunesse exilée, j’ai marché jusqu’à vous"

À Marseille, le réalisateur Rachid Oujdi a longuement suivi les mineurs isolés et les éducateurs de l’Addap. Il en a tiré un bouleversant documentaire de 52 minutes, visionnable gratuitement sur le site de la chaîne LCP et ci-dessous. Le spectateur qui croyait naïvement qu’en France, on ne laissait pas les enfants dormir à la rue, peut en être sûr : en regardant ce film, il prendra une claque. Scène marquante que celle où une éducatrice doit expliquer à deux jeunes frères, venus ensemble d’Afghanistan, qu’ils vont être séparés : le plus jeune aura droit à un hébergement "bientôt", mais le plus grand restera longtemps dehors. "Il y a beaucoup d’autres enfants qui ont ton âge, 16 ans. Tu n’es pas le seul et tu viens tout juste d’arriver. D’autres garçons attendent, attendent, attendent…" »

(*) : 34 cadavres de migrants, dont une dizaine d’enfants, ont été repêchés le 24 mai au large de la Libye.

Voir en ligne : http://www.laprovence.com/article/e...


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