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Mineurs qui migrent seuls et systèmes de protection de l’enfance :une approche régionale dans l’État espagnol

Publié le mardi 3 octobre 2017 , mis à jour le mardi 3 octobre 2017

Source : Revue Empan, 2017/3 (n° 107), p. 126-132

Date : 2017

Auteurs :
par Chabier Gimeno Monterde
Chercheur et enseignant à l’université de Saragosse, sciences sociales et du travail

et Sofía Laíz Moreira
LAMES (Laboratoire méditerranéen de sociologie), Maison méditerranéenne des sciences de l’homme

Extraits :

« La définition de la catégorie sociale de «  mineur migrant non accompagné  » qualifie un enfant qui migre sans parent ou tuteur légal. Cependant, cette définition peut différer selon les pays en fonction des politiques et législations particulières de chaque État (Chavez et Menjivar, 2010, p. 73). La figure du «  mineur étranger isolé  » renvoie à une longue chaîne sémantique élaborée progressivement par les différents acteurs sociaux à partir de la fin des années 1990 (Duvivier, 2009, p. 65). La législation internationale prévoit la protection et l’accueil de ces mineurs jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge adulte (Kanics et Senovilla, 2010, p. 22-27).

Ce travail de collaboration scientifique s’appuie sur deux recherches menées dans deux régions (communautés autonomes) d’Espagne  : l’Aragon et la Galice. Celles-ci ont été classées comme régions non prioritaires pour les flux d’immigration plus récents enregistrés en Espagne. Au cours de notre travail de recherche sur la migration des mineurs isolés dans l’Aragon, nous avons pu conclure que les communautés autonomes ont reçu des directives explicites et implicites dans la politique migratoire espagnole en réponse à l’arrivée de ces jeunes migrants. De façon explicite, on leur demande de protéger ces mineurs tandis que, de façon implicite, on leur fait porter la responsabilité d’empêcher «  l’effet d’appel  » qui supposerait leur accueil.

Par conséquent, nous avons pu constater l’existence d’un double discours, assez contradictoire, sur la protection des mineurs étrangers hébergés par le système régional de l’enfance et catalogués en tant que «  mineurs non accompagnés  ». La double interprétation des textes juridiques a révélé que leur condition d’étrangers s’impose à celle de «  mineurs  ». Ils sont alors discriminés en raison de leur statut de «  sujet susceptible d’expulsion  » à l’heure de leur institutionnalisation – ce qui montre la suprématie des politiques migratoires sur celles de protection de l’enfance (Gimeno, 2014c  ; Jiménez, 2011  ; Laíz 2011  ; Quiroga, 2006  ; Senovilla, 2007  ; Rodríguez, 2008) –, cela au moment de leur émancipation personnelle et financière. À la sortie du système est ainsi négligée leur vulnérabilité face à leur statut de régularité juridique lié à la protection institutionnelle.

Dans cet article, nous allons résumer les résultats qui nous ont menés à cette conclusion.

Notre expérience professionnelle ainsi que les entretiens avec un grand nombre de professionnels et d’adolescents migrants ont mis en évidence la complexité du sujet, ce qui n’était pas tout à fait dévoilé par les données des dossiers de protection mis à notre disposition par l’administration autonome.

Les discours institutionnels font souvent allusion à un groupe homogène de mineurs qui, conscients de leur statut légal d’abandon, ont migré pour être pris en charge par les autorités locales. Cependant, notre recherche a pu observer un groupe plutôt hétérogène. Les organisations humanitaires ainsi que les mineurs eux-mêmes sont conscients qu’en dehors des adolescents accueillis par les institutions, existent d’autres voies de migration qui restent cachées, soit par volonté de leurs acteurs, soit par négligence de l’État. Le parcours standardisé par l’action sociale pour protéger les mineurs non accompagnés n’est qu’un parmi les cheminements possibles. En parallèle, nous avons constaté l’existence d’autres parcours qui parfois se croisent avec l’institutionnel.

Ce travail aborde les conflits techniques et éthiques que cette hétérogénéité entraîne dans l’action sociale (Gimeno, 2014b). »

Article disponible en intégralité en format pdf ci-dessous :

EMPAN2017_3

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