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Près de 900 mineurs isolés sont pris au piège à Calais

Publié le 9-09-2016

Source : www.mediapart.fr

Auteur : Carine Fouteau

Extraits :

« Le nombre de mineurs vivant sans parents dans la boue du plus grand bidonville de France a doublé en quelques mois. L’État a prévu d’ouvrir un centre, composé de conteneurs, pour 72 d’entre eux, alors qu’ils sont près de 900 à vivoter à Calais. Malgré les engagements des autorités françaises et britanniques, les procédures légales de réunification familiale restent difficiles à mettre en œuvre.

En février 2016, évoquant le sort des mineurs étrangers isolés, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve avait promis d’être « intransigeant » et « ferme » pour faciliter le passage de celles et ceux ayant de la famille en Grande-Bretagne. Ils étaient à l’époque 326 recensés dans la boue de la « jungle » (lire notre article). Près de sept mois plus tard, ils sont 861 à Calais, selon l’association France terre d’asile (FTDA), parmi lesquels 627 (676 selon le décompte de L’Auberge des migrants) livrés à eux-mêmes dans le bidonville où résident actuellement entre 7 000 et 10 000 migrants. Les 72 places du centre pour mineurs qui doit ouvrir ses portes d’ici la fin du mois de septembre apparaissent d’ores et déjà largement insuffisantes par rapport aux besoins.

[...]

« Les violences sexuelles sont une menace continue pour les jeunes femmes et les jeunes garçons »

Les jeunes rencontrés dans le cadre de l’enquête de l’Unicef décrivent les violences exercées par les forces de police (qui font régulièrement usage de gaz lacrymogène comme l’a encore révélé le 7 septembre une vidéo du Guardian) et les milices de civils.

« Au cours de notre diagnostic, indique le rapport, plusieurs situations d’exploitation rentrant dans le cadre de la loi du 5 août 2013 concernant la traite des êtres humains nous ont été rapportées. Les violences sexuelles sont une menace continue pour les jeunes femmes et les jeunes garçons. Les entretiens avec les jeunes filles éthiopiennes, érythréennes ou kurdes ont permis d’identifier des pratiques qui consistent en un échange de services sexuels contre la promesse d’un passage. » Toutes les femmes mineures interviewées disent craindre de sortir à la nuit tombée de peur de se faire violer. Parmi les mineurs afghans, qui représentent la nationalité la plus nombreuse, la peur du viol est aussi omniprésente. Cela s’expliquerait, selon le rapport de l’Unicef, par l’existence en Afghanistan d’une pratique pédophile, appelée Batcha boz, désignant des réunions au cours desquelles de jeunes garçons, déguisés en filles, seraient contraints d’accepter les avances des adultes. Cette coutume étant tolérée dans leur pays d’origine, les jeunes migrants auraient du mal à se considérer comme victimes et donc à la dénoncer.

« Tout ceci est connu. Pourtant, rien n’est fait par l’État pour prévenir et punir ces situations de traite des êtres humains », regrette Évangeline Masson-Diez, qui souligne à quel point les mineurs isolés de la « jungle » manquent d’information sur leurs droits. En l’absence d’actions spécifiques dans leur direction, les passeurs gardent la mainmise sur eux. « Lors des entretiens que nous avons réalisés, je n’ai pas entendu un seul jeune me dire qu’il savait qu’il avait droit à une protection en France, insiste-t-elle. Ils répètent ce que leur disent les passeurs : qu’ils ne veulent pas aller dans les foyers parce qu’ils ont peur d’y être enfermés, ou encore parce qu’ils redoutent d’y être obligés de manger du porc. »

[...] »

Voir en ligne : https://www.mediapart.fr/journal/fr...

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