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Grèce - Des enfants migrants enfermés par centaines

Publié le 13-09-2016

Source : Tribune de Genève

Auteur : Cathy Macherel

«  Athènes n’arrive pas à gérer l’afflux de migrants. Les mineurs sont mis en cellule avec des adultes. L’UE exige une solution.

Des cellules surpeuplées, souvent insalubres, infestées de toutes sortes d’animaux, et parfois même pas équipées de matelas. En Grèce, c’est l’accueil qui est réservé à des milliers de migrants placés ainsi en détention avant que leur sort ne soit réglé. Parmi eux se trouvent des centaines d’enfants, pour la plupart non accompagnés, qui partagent ainsi ce morne quotidien avec des adultes, dans un climat emprunt de violence et d’humiliations.

« Je vous jure, je dors avec des rats », raconte Houari Z., 15 ans, arrivé seul d’Algérie et qui croupit au centre de rétention d’Amygdaleza, à Athènes. Il fait partie des 42 migrants mineurs que Human Rights Watch (HRW) a rencontrés cet été. De ces témoignages, l’ONG a dressé un rapport cinglant sur les conditions d’« accueil » réservées à ces mineurs, dont bon nombre fuient des situations de conflit. Roda A., un Syrien de 17 ans détenu au centre de Paranesti (à la frontière bulgare), raconte avoir été giflé par un policier parce qu’il ne se dépêchait pas d’aller voir le médecin. Selon HRW, 21 des enfants interrogés ont dit avoir été menottés lorsqu’ils ont été amenés à la visite médicale. La plupart d’entre eux sont enfermés avec des adultes, dans un climat malsain.

« Je ne pouvais pas me sentir en sécurité, car les autres détenus prenaient des drogues. Des bagarres éclataient de temps en temps. Les policiers se contentaient de venir regarder les bagarres et repartaient », raconte Nawaz S., 17 ans, originaire du Pakistan. Il a vécu ainsi enfermé deux mois dans une cellule de commissariat surpeuplée, avant d’être envoyé au centre de rétention d’Amygdaleza, à Athènes. En moyenne, la détention des enfants migrants est de 40 jours, bien au-delà des 25 jours autorisés par la loi grecque.

Depuis le début de 2016, 3500 mineurs non accompagnés ont été enregistrés en Grèce, alors que les structures d’accueil spécialement conçues pour les accueillir ne comptent que 800 places. Lundi, la commissaire européenne à la Justice, Vera Jourova, était précisément à Athènes pour mettre la pression. Elle a demandé que 1500 places supplémentaires soient créées. Selon les chiffres grecs, 323 enfants non accompagnés sont détenus dans des centres d’accueil fermés, 305 dans des centres de première réception et 18 dans des commissariats.

Mais la Grèce, où 60 000 migrants et réfugiés se retrouvent bloqués à cause de la fermeture des frontières plus au nord, est-elle la seule responsable ? Human Rights Watch dénonce certes l’incapacité chronique de la Grèce à accueillir convenablement les migrants, et en particulier les enfants, mais s’interroge : « Si les Etats membres de l’UE sont sérieux dans leur intention de protéger les enfants vulnérables, ils devraient retirer d’urgence ces enfants de Grèce et les transférer dans d’autres pays membres. » A ce jour, seulement une cinquantaine d’enfants non accompagnés ont été réinstallés ailleurs en Europe. »

Voir en ligne : http://www.tdg.ch/monde/enfants-mig...

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