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Londres s’intéresse au sort des réfugiés mineurs, pas à celui des adultes

Publié le 11-10-2016

Source : www.la-croix.com

Auteur : Tristan de Bourbon

« Malgré un message officiel parlant de « devoir moral » et d’« engagement » vis-à-vis des mineurs isolés, le gouvernement britannique fait valoir la fermeté.

Le démantèlement de la « jungle » de Calais interpelle les Britanniques. Lundi 10 octobre, à l’issue de sa rencontre avec son homologue français Bernard Cazeneuve, la ministre de l’intérieur Amber Rudd a indiqué aux députés de la Chambre des communes avoir « été claire à plusieurs occasions, et notamment au cours de notre réunion aujourd’hui (NDLR : lundi 10 octobre), que notre priorité est d’assurer la sécurité des enfants pendant l’évacuation du camp. N’ayez aucun doute que nous bougerons de manière urgente, ce n’est qu’une question de jours, une semaine tout au plus, afin de remplir notre engagement ». Un engagement présenté comme « un devoir moral ».

Le communiqué publié à l’issue de la rencontre indique encore que « pour répondre aux défis humanitaires posés à Calais, les accords d’Amiens passés en mars entre les deux pays et prévoyant l’accueil au Royaume-Uni des mineurs isolés présents à Calais et disposant d’attaches familiales outre-Manche seront appliqués et élargis ».

80 mineurs transférés de la France au Royaume-Uni

Depuis le début de l’année, plus de 80 enfants ont été transférés de la France vers le Royaume-Uni. Une centaine d’autres devraient arriver ces prochaines semaines. Début septembre, pourtant, l’organisation humanitaire Citizen UK a fourni au ministère des informations sur 387 mineurs isolés du camp ayant le droit d’entrer au Royaume-Uni.

Selon Amber Rudd, leur situation n’a pu être réglée en raison de la prétendue inefficacité des autorités françaises. Deux équipes de fonctionnaires britanniques seront donc rapidement envoyées sur place pour accélérer l’identification des mineurs qui traverseront la Manche.

Assurément, leur sort secoue le pays. L’an dernier, la parution de la photo du jeune Aylan Kurdi, échoué sur une plage turque, avait provoqué une manifestation à Londres de 100 000 personnes favorables à l’accueil des réfugiés.

Déclin de l’élan en faveur des réfugiés

Poussé par l’opinion publique, le gouvernement avait été forcé d’accepter 20 000 réfugiés dans le pays d’ici à 2020. 5 000 par an. Cette année, la même manifestation a réuni dix fois moins de personnes. L’élan est retombé malgré la mort mi-septembre d’un Afghan de 14 ans, admissible au Royaume-Uni, écrasé par un camion dans lequel il tentait de monter.

Si la cause des réfugiés mineurs demeure un tant soit peu porteuse, celle des adultes a perdu toute attractivité. L’ancien ministre des affaires étrangères travailliste et actuel directeur de l’International Rescue Committee David Miliband a eu beau réclamer, mi-septembre, que « le Royaume-Uni prenne 20 000 ou 25 000 réfugiés par an, quatre fois le niveau actuel, soit 25 réfugiés par circonscription parlementaire contre six aujourd’hui, comme le font des pays comme le Canada », la première ministre Theresa May s’y est refusé : « Nous pensons que nous pouvons davantage aider les réfugiés syriens en distribuant plus d’aide dans la région ».

Discours très ferme de Theresa May

La presse britannique populaire la plus à droite – sans équivalent en France –, l’aide bien à tenir ce cap. Avec des titres comme « Renvoyez-les chez eux », « Nous devons arrêter l’invasion des migrants », « Les Migrants prêts à se déverser », les tabloïds Daily Mail, Daily Express, Daily Telegraph ou The Sun – et leurs 6 millions d’exemplaires vendus chaque jour – ont façonné le débat sur les migrants, qu’ils comparent même à des « cafards » (« cockroach », lu dans le Daily Mail).

En 2015, David Cameron expliquait calmement « qu’une réponse (à la crise) ne peut être trouvée simplement en prenant plus de réfugiés ». Dans le même temps, sa ministre de l’intérieur de l’époque, Theresa May, évoquait la question des migrants sans utiliser une seule fois le mot « réfugiés ». Aujourd’hui en poste au 10 Downing Street, après le Brexit de juin, elle maintient, sans surprise, un discours d’extrême fermeté. »

Voir en ligne : http://www.la-croix.com/Monde/Europ...

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