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"Jungle" de Calais : Quel avenir pour les mineurs isolés ?

Publié le 25-10-2016

Source : www.tempsreel.nouvelobs.com

Auteur : C.R. avec AFP

«  Sur les quelques 1.300 mineurs récemment recensés dans le campement, 200 ont pu rejoindre leurs proches en Angleterre la semaine dernière. Et les autres ? La Défenseure des enfants ne cache pas son inquiétude.

Les mineurs isolés, eux, ne montent pas dans les bus dans lesquels continuent de s’engouffrer, depuis lundi matin, des centaines de migrants de la "jungle" de Calais dans le cadre de l’opération de démantèlement de l’immense bidonville, qui les conduisent vers différents centres d’accueil et d’orientation (CAO). Combien sont ces mineurs isolés ? Où se trouvent-ils ? Que vont-ils devenir ?

1. Combien de mineurs isolés à la "jungle" ?

On estime à près de 1.300 le nombre de mineurs isolés (présents sur le territoire sans représentants légaux) à s’être récemment retrouvés parmi les milliers de migrants - entre 6.000 et 8.000 - qui ont rejoint la "jungle" au fil des mois. Soit environ mille de plus qu’en février lors d’un recensement réalisé, cette fois, par la Défenseure des enfants Geneviève Avenard, qui s’en était déjà inquiétée. Plus soucieuse encore aujourd’hui, elle constate :

"La situation n’a pas évolué dans le bon sens."

Contactée ce lundi par "l’Obs", Geneviève Avenard rappelle la prudence nécessaire quant au maniement de ces chiffres obtenus sur une base déclarative, puis exprime sa principale préoccupation concernant l’actuel démantèlement : que des mineurs, par peur des conséquences, aient simplement "pris la fuite". Pour aller où ? Avec qui ? La Défenseure des enfants insiste :

"130 mineurs auraient disparu après le démantèlement de la zone sud. C’est un vrai problème, car les plus fragiles et plus vulnérables risquent, dans ces cas-là, de se trouver dans des situations plus dangereuses encore..."

"Nous alertons depuis plusieurs mois sur cette problématique", poursuit-elle, estimant qu’il est encore "trop tôt" pour savoir combien sont toujours là.

2. Combien ont pu rejoindre la Grande-Bretagne ?

Lors d’un recensement réalisé la semaine dernière par l’association France Terre d’Asile, un peu moins de la moitié des mineurs isolés récemment recensés, soit "environ 550" selon son président Pierre Henry, se sont déclarés "comme ayant de la famille en Grande-Bretagne", indique-t-il à "l’Obs". Sur ces 550, le démantèlement approchant, 200 ont pu rejoindre leurs proches la semaine dernière. Parmi ceux qui ont quitté Calais samedi se trouvaient 50 filles qui n’avaient pas nécessairement de famille au Royaume-Uni, indique "le Monde", qui précise que les autorités britanniques ont estimé qu’elles devaient partir. Pierre Henry ajoute :

"J’entends bien que la totalité passe, mais ce sont les Britanniques qui décident".

"Nous avons obtenu des assurances", avait déclaré le ministère de l’Intérieur au "JDD", sans plus de précisions. Lundi soir, Bernard Cazeneuve a annoncé que le Royaume-Uni accueillerait "tous les mineurs isolés" de la "jungle" de Calais "dont les attaches familiales en Grande-Bretagne sont établies" et verserait une nouvelle aide financière de "plus de 40 millions d’euros". Sur 2.318 migrants "mis à l’abri" lundi, 400 sont mineurs, a précisé le ministre de l’Intérieur.

Jusque début octobre, seuls 70 transferts avaient été réalisés, chacun se renvoyant la balle pour expliquer en coulisses ce bilan limité : les Britanniques accusés de traîner des pieds, les Français d’avoir présenté trop peu de dossiers.

3. Où sont-ils, en attendant ? Et les autres ?

Tous les mineurs isolés doivent être hébergés dans les containers du centre d’accueil provisoire (CAP) de Calais. Une quinzaine de jours. Et après ? Lundi matin sur "RTL", la ministre du Logement Emmanuelle Cosse a indiqué :

"Les mineurs qui ne souhaitent pas rejoindre l’Angleterre seront accueillis ’dans des centres spécifiques’ relevant du droit de l’aide sociale à l’enfance."

Selon un document officiel consulté en début de semaine dernière par l’AFP, "550 places" étaient alors d’ores et déjà réservées "dans des centres dédiés" comprenant "un accueil adapté aux mineurs", notamment en termes d’encadrement. Ils y resteront "le temps d’être orientés" et pris en charge par les départements compétents pour l’aide sociale à l’enfance.

Y aura-t-il suffisamment de places ? "Les structures sont saturées", assurait-on au même moment à l’Assemblée des départements de France, en déplorant "la précipitation" du processus et le coût annuel de 50.000 euros pour l’accueil d’un mineur non accompagné. Par ailleurs, le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), dénonce dans un communiqué :

"Au motif d’une urgence que seule l’incurie des services de l’État et du département a provoquée, il est maintenant question d’envoyer un millier de mineurs dans des centres ouverts dans l’urgence, en dehors du dispositif prévu par les textes, sans agrément des départements, avec un encadrement éducatif au rabais."

La Défenseure des enfants, quant à elle, déplore le peu d’informations dont elle et le Défenseur des droits, qui a diligenté une équipe sur place lors du démantèlement, disposent à leur sujet :

"Quel va être l’accompagnement dont vont bénéficier ces mineurs ? Quel encadrement par quel personnel ? Quels dispositifs pour assurer leurs accès aux droits ?"

Elle rappelle la priorité du Défenseur des droits : "mettre les mineurs à l’abri." Mais pour cela, admet Geneviève Avenard, "encore faut-il savoir où ils se trouvent". »

Voir en ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com/mond...

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