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Calais : le démantèlement de la « jungle » touche à sa fin

Publié le 27-10-2016

Source : www.lemonde.fr

Auteur : Le Monde avec AFP

« 5 596 personnes ont été « mises à l’abri », selon la préfecture. La maire de Calais a jugé l’annonce de la fin des opérations « précipitée ».

L’évacuation des migrants de la « jungle » de Calais touche à sa fin. Selon la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, il n’y avait même, mercredi 26 octobre au soir, « plus personne sur le camp ». « Tout le monde est à l’abri. Après la prise en charge des derniers migrants [qui arrivent au sas], le dispositif s’arrête, a indiqué Mme Buccio avant d’assurer : C’est vraiment aujourd’hui la fin de la “jungle”. »

Dans la soirée, les autorités ont annoncé qu’un total de 5 596 personnes avaient été « mises à l’abri » depuis le début du démantèlement, lundi. Pour la seule journée de mercredi, 1 215 personnes majeures ont quitté les lieux « à bord de 32 bus pour rejoindre des centres d’accueil et d’orientation (CAO) répartis dans 11 régions », ont affirmé les ministères de l’intérieur et du logement dans un communiqué adressé à l’Agence France-Presse. En outre, 133 mineurs ont été orientés vers le centre d’accueil provisoire (CAP) installé sur le campement.

Avant le démantèlement, le ministère de l’intérieur dénombrait 6 486 hommes, femmes et mineurs présents dans la « jungle », ce qui laisserait supposer que des centaines de personnes n’ont pas été prises en charge par l’Etat.

« Une annonce précipitée »

Les témoignages et les observations faites sur place mercredi soir allaient dans ce sens et démontraient que le bidonville n’était pas encore vidé de ses habitants. La maire de Calais, Natacha Bouchart, a même estimé que parler d’une fin de la « jungle » était une « annonce précipitée » : « On ne peut annoncer la fin du démantèlement et dire qu’une opération est terminée quand il y a encore 1 500 mineurs et 450 femmes et enfants » dans les structures officielles jouxtant le camp.

Des journalistes de l’AFP ont ainsi indiqué qu’il restait, vers 16 heures, une centaine de migrants, et l’ONG Médecins sans frontières a également relevé qu’ils étaient encore nombreux sur place. De son côté, la journaliste du Monde présente sur place a vu des « petits groupes de quelques migrants » quitter la « jungle » par leurs propres moyens.

Bientôt le premier CAO pour mineurs

Les places d’hébergement prévues pour les mineurs sont, elles, saturées, si bien les associations craignaient que certains ne dorment dehors. « Environ 1 500 personnes sont logées au CAP » et « il n’y a plus de places », a affirmé Pierre Henry, le directeur général de France Terre d’asile. La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a annoncé, dans une interview au Monde, qu’une « dizaine » de centres d’accueil et d’orientation pourraient être ouverts pour les mineurs, dont deux dès mercredi soir.

Dès l’aube, mercredi, les équipes de maraudeurs de la préfecture étaient entrées dans les cabanes pour convaincre les derniers migrants de se joindre aux autres candidats au départ vers l’un des CAO disséminés sur le territoire. Et dans la matinée, plusieurs dizaines de femmes, majoritairement érythréennes et éthiopiennes, avaient manifesté dans la « jungle » pour demander de « l’aide » et « des réponses » :

« Aidez-nous s’il vous plaît, nous voulons aller au Royaume-Uni. Nous sommes des femmes. Où sont les droits de l’homme, où sont les droits de l’homme ? »

En bordure du camp, onze Soudanais refusaient toujours dans l’après-midi de quitter les lieux. « On veut toujours passer en Angleterre, on reste ici », a expliqué Mohamed, 30 ans, malgré les explications des bénévoles. « C’est difficile d’être entendu, explique Véronique, bénévole à L’Auberge des migrants. Tu en as qui disent “non”, nous, on reste. Tant que leurs abris ne sont pas détruits, ils ne se rendent pas compte. »

Pour les inciter à faire leurs bagages, des maraudes de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ont arpenté en fin de journée ce qu’il reste du bidonville.

De nombreux incendies dans la « jungle »

Dans un épais brouillard, des pelleteuses ramassaient en parallèle les débris de cabanes laissées vides que leur apportaient des employés. L’opération a été gênée par de multiples incendies qui se sont déclarés mercredi midi dans plusieurs zones, dégageant d’épais panaches de fumée noire, visibles depuis le port de Calais, à 500 mètres. Les flammes léchaient certains poteaux électriques, et la camionnette d’une association et des caravanes se sont embrasées.

Durant la nuit, des feux similaires avaient provoqué l’explosion de bonbonnes, blessant légèrement un migrant aux tympans. Dans la journée, quatre migrants afghans ont été interpellés pour « incendie » et « tentative d’incendie », a rapporté la préfecture du Pas-de-Calais. Ces incendies sont une « tradition, notamment pour certaines communautés qui mettent le feu à leur habitation au moment de la quitter », a précisé la préfecture.

Des pompiers étaient présents sur place mais en nombre insuffisant pour lutter contre l’ensemble des feux. Des bénévoles et des migrants tentaient également d’éteindre les flammes par leurs propres moyens, avec des extincteurs et des petites lances à eau. Interrogé par un journaliste du Monde avant le début des évacuations, François Guennoc, un des responsables de L’Auberge des migrants, avait annoncé que l’association avait formé des bénévoles à l’extinction d’incendie. »

Voir en ligne : http://www.lemonde.fr/societe/artic...

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