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Départ des mineurs isolés : trois associations assignent la préfète du Pas-de-Calais devant la justice

Publié le 2-11-2016

Source : www.lavoixdunord.fr

Auteur : M. GO.

« Dans un communiqué diffusé ce mercredi, trois associations annoncent qu’elles assignent la préfète du Pas-de-Calais en référé devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer. Le Gisti (Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés), l’ADDE (Avocats pour la Défense des Droits des Étrangers) et le SAF (Syndicat des Avocats de France) reprochent à Fabienne Buccio la façon dont elle a géré le départ des mineurs isolés de Calais qui s’est accéléré ce mercredi.

Les trois associations annoncent qu’une audience en référé a été fixée ce jeudi à 9 h 30 devant le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer. Elles estiment que les mineurs isolés ont dû quitter Calais « dans un climat de tension et de précipitation bien peu conforme aux annonces officielles », et que cette dispersion « dans des lieux improvisés et inadaptés » a été décidée « sans concertation avec l’autorité judiciaire ni les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ». Selon elles, la préfète a voulu « se débarrasser du « problème » en plaçant des mineurs particulièrement vulnérables dans une situation qui risque de devenir encore plus dangereuse pour eux que la situation actuelle. »

Elles ont décidé d’assigner la préfète en justice « pour faire cesser ces déplacements d’enfants en dehors de tout cadre légal ».

Victimes d’un jeu diplomatique entre la France et le Royaume-Uni

Interrogée sur la question, la préfecture du Pas-de-Calais a répondu qu’elle ne ferait aucun commentaire. Pour rappel, 1 616 mineurs qui étaient présents dans le centre d’accueil provisoire (CAP) depuis le démantèlement, ont été évacués ce mercredi. Ils ont été transférés dans des CAOMI (centres d’accueil et d’orientation pour mineurs) un peu partout en France.

Comme l’explique une source proche du dossier, les mineurs avaient pourtant vocation à rester à Calais (dans le centre d’accueil provisoire) après le démantèlement. Deux facteurs expliqueraient la décision rapide de les emmener dans des CAOMI, selon cette même source : la problématique de « l’appel d’air », d’abord. De nombreux migrants mineurs seraient arrivés à Calais en apprenant qu’ils avaient une chance de passer en Angleterre. Résultat : le CAP a été très vite rempli, et dès jeudi dernier, il a fallu envisager la mise à l’abri des mineurs qui ne pouvaient pas y dormir. L’autre raison, d’après cette source, c’est « le jeu diplomatique entre la France et l’Angleterre » : jeudi dernier, le Royaume-Uni avait enjoint la France à « protéger  » les mineurs isolés de Calais « comme il se doit », en les mettant à l’abri hors des conteneurs du CAP. La France, à l’inverse, « espérait un traitement rapide des dossiers des mineurs et leur départ massif du CAP vers l’Angleterre ».

Une très mauvaise gestion

C’est justement le comportement de la France et du Royaume-Uni à l’égard des mineurs isolés de Calais qui a été pointé du doigt ce mardi par des experts de l’ONU. Pour le Comité des Nations Unies sur les droits de l’enfant, « les gouvernements de la France et du Royaume-Uni ne se sont pas montrés à la hauteur de leurs obligations en vertu de la Convention relative aux droits de l’enfant dans la façon dont ils ont géré la situation des enfants vivant dans le camp de migrants de Calais appelé ’la jungle’ ».

Voir en ligne : http://www.lavoixdunord.fr/68424/ar...

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