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Le collège, premier pas vers l’intégration de jeunes réfugiés

Publié le 10-11-2016

Source : www.ladepeche.fr

Auteur  : C. St-P.

« Première rencontre entre parents réfugiés ou migrants et l’équipe pédagogique du collège Dangla, qui prend en charge en inclusion 23 élèves dans le cadre de la nouvelle section UPE2A créée depuis la rentrée.

Une réunion parents-professeurs un peu spéciale a été organisée mardi soir au collège Dangla à Agen. Ce sont les familles sous statut de réfugiés dont les enfants sont scolarisés au collège qui ont été accueillies, dans le cadre du dispositif d’inclusion UPE2A, un acronyme qui signifie Unité pédagogique d’enseignement pour les arrivants allophones. Cette section a été mise en place pour la rentrée 2016 et compte 23 élèves répartis de la 6e à la 3e dont des mineurs isolés hébergés en foyers. Le niveau de ces élèves qui sont arrivés en France en moyenne depuis une année et qui ne maîtrisent pas le français, est évalué dans leur langue natale avant d’intégrer une classe. En règle générale, une classe inférieure d’un an « pour reprendre les bases », précise le principal Dominique Fraysse. Mais avec la particularité que ces enfants suivent un cursus quasi normal à l’exception de l’histoire-géographie : « Leur parler de nos ancêtres les Gaulois ne présente pas beaucoup d’intérêt dans un premier temps ». En revanche, sont au programme : mathématiques, musique, arts plastiques et EPS comme vecteurs de sociabilisation et d’expression collective avec leurs camarades. « Des matières nécessaires à leur intégration ». La vraie richesse de cette section UPE2A est l’ajout de 9 heures de cours en français langue de communication et de scolarisation. Les progrès sont spectaculaires en français : « Ces gamins ont tous envie d’apprendre. Il n’existe aucun problème de discipline ». Des enfants qui gardent les traumatismes de pays en guerre, d’un quotidien miné par la misère, de déracinements ou pertes de repères familiaux pour les mineurs isolés. La communauté éducative ressent les premiers bénéfices chez des gamins qui commencent à baisser la garde et à nouer des liens avec les autres, même si les affinités se portent spontanément entre réfugiés. Parmi les pays représentés : Syrie, Espagne, Pologne, Thaïlande, Pakistan, Nigeria, Mali, Portugal, Iran, Algérie, Albanie, Italie, Haïti.

Shamas, Ayoub, Ismaïl et Taradon

« Les parents sont venus ce soir car ils sont curieux de savoir comment se comporte leur enfant en classe », explique le principal. « Avec un problème cependant, la barrière de la langue : nous avons du perse, du grec, du ourdou, du polonais… Heureusement, une secrétaire et une assistante d’éducation parlent arabe. Mais nous arrivons à nous faire comprendre ». « Ensuite, nous nous débrouillons avec la gestuelle, les traducteurs sur internet et les dictionnaires », détaille Catherine Pillet, professeur coordonnateur de l’UPE2A. Elle officie aussi au collège Chaumié, qui accueille au même titre 17 élèves. En cours de français classique, les professeurs s’adaptent, différencient le contenu par rapport aux autres collégiens. « Nous prenons la mesure de leur univers et tenons compte de leurs difficultés. L’objectif, c’est l’apprentissage des mots et des expressions. Ces élèves ne sont pas notés. Le but est qu’ils progressent », souligne Mme Mestour, professeur de lettres. « Il existe un gros travail de concertation entre Catherine Pillet et l’équipe pédagogique. Nous sommes vraiment dans la différenciation », affirme Dominique Fraysse, qui aimerait que le dispositif monte en puissance à la rentrée 2017 avec un professeur à temps plein pour aider ces jeunes et assurer 18 heures de langue de communication et scolarisation. Ayoub, élève de 3e, né en Italie d’une mère marocaine, a passé avec succès le diplôme d’enseignement de la langue française. Son petit frère Ismaïl est en 4e. Leur mère confie en marocain, traduit par Dounia, qu’elle apprécie le travail accompli par le collège et voit l’évolution de ses deux fils. Shamas, 15 ans, en 3e, a fui le Pakistan où plane le spectre de Daesch. Il est mineur isolé. Il commence à maîtriser le français et espère que sa famille pourra le rejoindre. Taradon, qui est Thailandais, a bénéficié d’un regroupement familial.

Ligne d’horizon

Il vit avec sa mère et son beau-père depuis 11 mois à Astaffort et là aussi, les progrès sont visibles. Le chef d’établissement de Dangla estime que les efforts d’intégration sont payants : « On a intégré il y a deux ans des élèves syriens, alors que le dispositif n’existait pas encore. Simplement, des professeurs donnaient de leur temps pour suivre ces jeunes demandeurs d’asile. Ces élèves sont entrés cette année en terminale S à Palissy. Ils se sont parfaitement adaptés ».

La situation administrative n’entre pas en ligne de compte dans la prise en charge de ces enfants, seule prévaut de la solidarité face à des situations humaines compliquées, et la volonté de leur offrir une ligne d’horizon. »

Voir en ligne : http://www.ladepeche.fr/article/201...

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