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Migrants : une partie des jeunes placés dans des centres revient à Calais

Publié le 28-12-2016

Source : www.lefigaro.fr

Auteur : Guillaume Descours

«  INTERVIEW - La fermeture de la frontière par la Grande-Bretagne est une des raisons avancées par le directeur de l’association France Terre d’Asile, Pierre Henry. Il estime que ce blocage entretient les réseaux de passeurs.

La jungle de Calais a été démantelée fin octobre, provoquant le déplacement de près de 7000 personnes. Mais deux mois après, la question des mineurs isolés reste toujours d’actualité. 2000 jeunes avaient été accueillis dans des Centres d’accueil et d’orientation (CAO) et seulement 791 d’entre-eux ont été pris en charge par la Grande-Bretagne. Le directeur général de l’association France Terre d’Asile, Pierre Henry, alerte sur la situation de ces jeunes qui, pour certains, quittent les CAO et reviennent dans la région de Calais.

Combien de mineurs isolés sont déjà revenus à Calais deux mois après le démantèlement de la Jungle ?

On ne peut pas être très précis. Aujourd’hui, ceux qui reviennent représentent une minorité. On estime qu’entre 10 et 15% des jeunes ont repris la route migratoire. À cela, il faut ajouter les nouveaux mineurs qui arrivent dans la région car la fermeture du camp n’a pas provoqué la fin des flux migratoires et n’a pas non plus résolu les relations asymétriques entre la France et la Grande-Bretagne.

Comment expliquer que ces mineurs reprennent la route ?

Pour la plupart, ces jeunes ont un projet : passer en Grande-Bretagne. Nous savions au moment du démantèlement que 95% des jeunes retenteraient leur chance car malgré la fermeture du camp de Calais, ils ne vont pas renoncer. De plus, la Grande-Bretagne n’a pas respecté son engagement qui, en application du règlement de Dublin III et de l’amendement Dubs, prévoyait de prendre en charge les mineurs qui ont de la famille dans le pays ainsi que d’autres considérés comme « vulnérables ». Mais après le Brexit, ils ont fermé les portes profitant de leur situation géographique.

Quel est le risque pour ces mineurs isolés de retour à Calais ?

Le risque, c’est que ces jeunes, qui sont pour la plupart âgés en 15 et 18 ans, vont retenter leurs chances par les voies migratoires clandestines avec tous les risques que celles-ci comportent. Avec cette politique de fermeture des frontières, la Grande-Bretagne ne fait qu’entretenir les réseaux de passeurs. Or il y a un devoir moral d’assurer la sécurité de ces jeunes. De notre côté, nous travaillons à les informer au sujet des risques qu’un tel voyage comporte, mais aussi sur leurs droits en France.

Pensez-vous que la Jungle de Calais peut réapparaître dans les mois ou les années à venir ?

Dans les prochains mois, cela me semble impossible. Mais si les pouvoirs publics et les États ne trouvent pas, tous ensemble, des solutions pour régler le problème, oui, dans les années à venir, la Jungle de Calais peut tout à fait refaire son apparition. »

Voir en ligne : http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...

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