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Au lycée Savary, Saleh se reconstruit un avenir

Publié le 24-01-2017

Source : www.lavoixdunord.fr

Auteur : Myriam Zenini

« Il fait partie des élèves qui en veulent. Scolarisé depuis cette année au lycée Alain-Savary, Saleh a parcouru comme il a pu le chemin qui sépare la France de son Tchad natal. Aujourd’hui, seul en France, il essaie de se construire un avenir. Rencontre.

Du haut de ses 17 ans, Saleh Kouyar est d’une sérénité surprenante. Inscrit depuis septembre en CAP Carosserie au lycée professionnel Alain-Savary, le jeune tchadien a reçu les encouragements de son conseil de classe au trimestre dernier. Il y a deux ans, il ne parlait pas un mot de français… « Il fait partie de ce qu’on appelle les primo-arrivants, détaille Alain Flasque, chargé de projet au lycée. Certains ont un parcours exemplaire, et une maturité qui dépasse la nôtre ».

C’est le cas de Saleh. Arrivé sur le sol français en 2015, il est né dans la région de Ouaddaï, dans l’est du Tchad. Sa langue natale, c’est l’arabe. En 2015, sa vie a basculé pour de bon. « Dans mon pays, il y avait plein de guerres, familiales et ethniques, raconte-t-il dans un français haché. Il y a des gens qui sont venus dans mon village, avec des armes et ils ont tué mon père, ma mère et le voisin ». C’est un ami de son père qui sauve Saleh en l’embarquant sur sa moto. Direction : la Libye.
Dans ce pays, livré au chaos depuis l’intervention militaire de 2011, les deux hommes ne tiennent pas. « C’était trop difficile », résume Saleh. Comme des milliers d’autres avant et après eux, ils prennent un bateau à Tripoli, avec des Érythréens, des Somaliens, des Libyens, des Éthiopiens. « Beaucoup de gens sont tombés à la mer. C’est la police italienne qui nous a sauvés ». Relâchés, Saleh et son sauveur prennent des trains, traversent l’Italie et se perdent à Nice.

Il ne sait pas vraiment bien comment il est arrivé à Lille, Saleh. En continuant à prendre des trains, et en écoutant les conseils d’autres migrants rencontrés sous les ponts de Paris. Boulevard Montebello, un Algérien l’aide et l’emmène à la police. « J’ai fait deux jours chez eux et ils m’ont emmené dans une association. On m’a demandé si je voulais rester ici  ». C’est oui : en France, Saleh se sent enfin en sécurité. C’est la SPReNe, une association de prise en charge de mineurs en difficulté, qui s’occupe du jeune tchadien, considéré comme un mineur isolé. Orienté vers Savary, Saleh commence d’abord par apprendre le français dans des classes relais au collège Van-der-Meersch.

S’il obtient la nationalité française, le jeune Tchadien pourra chercher du travail et s’installer ici. « J’aime vivre en France, il n’y a pas de racisme ici » estime le jeune homme. Surtout, il pourra « passer à autre chose ». Ce qu’il tente déjà de faire au quotidien : « Je suis trop mal, si je pense à avant ». »

Voir en ligne : http://www.lavoixdunord.fr/108629/a...

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