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Des associations ont interpellé les élus du conseil départemental de l’Isère

Publié le 5-08-2017

Source : www.ledauphine.com

Auteur : Par Célia AMPHOUX

« L’été 2017 a mal démarré pour l’aide sociale à l’enfance en Isère. Dans cette vaste et importante compétence du conseil départemental, on trouve les mineurs non accompagnés (MNA). Ils sont isolés, étrangers (MIE, c’est l’ancien acronyme) et, depuis le 1er juillet, ils trouvent portes closes au Département.

Trois associations – la Cimade, Médecins du monde et le Secours catholique – ont écrit ce mercredi au conseil départemental, lui reprochant d’avoir “décidé de suspendre l’accueil des personnes mineures isolées étrangères (MIE) arrivées dans l’Isère à partir du 1er juillet 2017”.

Interrompue, la mise à l’abri d’urgence. Interrompue, l’évaluation (déterminant la minorité ou non). Les associations ont bien pris soin de faire appel au Code de l’action sociale et des familles : “Le président du conseil départemental […] met en place un accueil provisoire d’urgence d’une durée de cinq jours […] Au cours de [cette] période […] le président du conseil départemental procède aux investigations nécessaires en vue d’évaluer la situation de cette personne au regard notamment de ses déclarations sur son identité, son âge, sa famille d’origine, sa nationalité et son état d’isolement.”

« On a beau rajouter des euros, on ne peut plus en accueillir »
Le Département ne nie pas cette situation inédite (lire par ailleurs). Frédérique Puissat, première vice-présidente du conseil départemental en charge de l’action sociale et des solidarités, l’a même annoncé lors de la séance du 30 juin, sans que cela ne soulève trop de réactions : « Aujourd’hui, on ne peut plus accueillir de mineurs non accompagnés (MNA). On a beau rajouter des euros, on ne peut plus. On arrive au bout de nos limites. »

« Avec ces mineurs non évalués, entreprendre des démarches est impossible »
Mais il ne faudrait pas s’arrêter sur cette phrase de l’élue. Le Département fait face, à grand renfort de moyens, malgré une dynamique de réduction budgétaire. « Nous sommes passés d’un budget de 2,6 millions d’euros [en 2015] à 9 millions d’euros [en 2017], défend Frédérique Puissat. Nous avons créé en trois mois 270 places ; ce qui n’est pas facile ! […] On ne peut pas parler seulement des MNA, car la protection de l’enfance, ce sont aussi les enfants placés parce qu’ils sont en danger à domicile ou les ados qui se mettent tout seuls en danger… L’arrivée massive de MNA a “embolisé” l’intégralité des dispositifs. Jusqu’à maintenant, on ne pouvait pas placer des jeunes en danger chez eux, alors que des ordonnances du juge nous y obligeaient ! »

En plus des 270 places créées, en plus des 5 millions d’euros ajoutés au budget MNA lors de la séance du 30 juin, le conseil départemental a aussi créé une deuxième cellule d’évaluation. « En accord avec l’Adate [association à laquelle le Département a délégué la prise en charge des MNA] et en plus de l’Adate. Ce sont quatre postes supplémentaires », affirme Frédérique Puissat.

Cependant, toutes ces solutions mettent du temps à se mettre en place et la “vacance” de prise en charge continue avec des conséquences. Voilà ce que dénoncent les associations. « On ne peut faire aucune démarche avec ces mineurs non évalués, non pris en charge », dit Marie-Noël Rouvière, travailleuse sociale du Secours catholique. Ce qui signifie que les jeunes dorment dehors bien souvent. Mariia Popova, chargée de projet régional de la Cimade, ajoute : « Nous, ce qui nous dérange, c’est l’absence de mise à l’abri, obligation primordiale avant toute évaluation du Département. » »

Voir en ligne : http://www.ledauphine.com/politique...

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