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Mineurs étrangers, un problème majeur

Publié le 11-09-2017

Source : www.vosgesmatin.fr

Auteur : Philippe RIVET

« Les Départements doivent faire face à l’afflux de mineurs isolés étrangers depuis quelques mois, plusieurs centaines en Lorraine. Ils appellent l’État au secours.

Ils arrivent seuls ou à quelques-uns au siège du Département, en quête d’un accueil au terme d’une galère qui aura duré un an, deux ans, voire davantage, après avoir fui leur pays, le plus souvent subsaharien (Mali, Soudan, Guinée-Conakry, près de 40 nationalités déclarées en Meurthe-et-Moselle), en proie à la guerre, aux persécutions les plus diverses, où l’avenir s’écrit « no future ».

Les mineurs non accompagnés (MNA) qui frappent, de plus en plus nombreux, aux portes des institutions chargées de la protection de l’enfance, des garçons dans l’immense majorité, arrivent cabossés, détruits, physiquement, psychiquement, après avoir subi la maltraitance la plus abjecte de passeurs sans scrupule, après avoir été ballottés d’un pays à un autre, jusqu’à ce que les hasards de leur errance les conduisent à s’échouer dans l’est de la France.

Services sous tension

À raison de 20 accueils par an en 2013, la Meurthe-et-Moselle est passée à 20 par semaine au mois d’août. Un mois au cours duquel la Moselle a connu plus de cent arrivées. Et plus d’une soixantaine depuis le début de l’été dans la Meuse. L’afflux est exponentiel : « On est passé de neuf jeunes étrangers en 2012 à 134 en 2017 », indique-t-on au Département des Vosges.

Avec plus de 400 mineurs étrangers pris en charge en Moselle, 316 en Meurthe-et-Moselle, 134 dans les Vosges, 97 en Meuse, « on arrive au maximum de nos capacités d’accueil, tant en matière de personnel que de structures d’hébergement », prévient Martine Joly, vice-présidente du conseil départemental de la Meuse (CD 55), qui mise sur la réunion prévue cette semaine entre les différents services des Départements lorrains et champenois, pour « mieux partager les bonnes pratiques ».

« Les services sont effectivement sous tension. Alors que l’on sait que les flux migratoires ne vont pas se tarir, comment continuer à accueillir dignement les mineurs à qui les Départements doivent protection de par la loi ? », demande Mathieu Klein, président du CD 54. En théorie, le service départemental de protection de l’enfance dispose de cinq jours pour assurer l’évaluation des jeunes. Après ce délai, les dossiers sont transmis au procureur de la République. Dans les faits, « plusieurs semaines sont nécessaires pour assurer l’évaluation, vérifier si le jeune est isolé ou s’il a conservé des contacts avec sa famille, s’il est mineur ou pas », explique un responsable de service. Il appartient, à la lumière des éléments transmis, à la justice de trancher si le jeune est mineur ou déjà majeur en ayant parfois recours aux tests osseux.

Brillants à l’école

Quand les jeunes sortent enfin « d’une zone grise dure à vivre » qui peut durer plusieurs mois, et qu’ils reçoivent un titre de séjour de la préfecture pour poursuivre des études, « ils obtiennent de très bons résultats scolaires et se montrent des ados exemplaires, très volontaires », souligne-t-on tant du côté des Vosges, que de la Meurthe-et-Moselle et de la Meuse, les trois Départements qui ont bien voulu témoigner sur leurs modalités d’accueil et de suivi des mineurs étrangers isolés.
Bachir, arrivé récemment d’un pays africain à Nancy, cartonne en 2e année de CAP. Il vise le bac pro et rêve déjà d’un BTS… »

Voir en ligne : http://www.vosgesmatin.fr/politique...

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