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Mineurs isolés dans l’Hérault : le phénomène s’accentue

Publié le 6-11-2017

Source : www.midilibre.fr

Auteur : Hélène Amiraux

« L’Hérault accompagne trois cent trente quatre d’entre eux. L’État promet des fonds aux départements.

Les présidents de départements, réunis en congrès à Marseille entre les 18 et 20 octobre derniers, ont-ils réussi à se faire entendre par le gouvernement ? Alors que le nombre de mineurs non accompagnés (MNA ou mineurs étrangers isolés) pourrait dépasser les 25 000 sur le territoire français cette année, Édouard Philippe a promis 132 M€ pour la prise en charge d’une partie du coût engendré par l’accueil de ces jeunes clandestins.

“L’État assumera l’évaluation et l’hébergement d’urgence des personnes se déclarant mineures, entrant dans le dispositif jusqu’à ce que leur minorité soit confirmée”, a-t-il déclaré. Un discours qui sonne comme un transfert partiel de compétence.
Qu’est-ce que cela pourrait changer pour la situation héraultaise ? Rappelons que le Département est en charge de 334 MNA au 20 octobre dernier (contre 273 au 1er avril) dans le cadre de sa compétence de l’aide sociale à l’enfance (ASE).
"On est une centaine de départements, tous ne seront pas pourvus de la même façon”

Par ailleurs, une cinquantaine de jeunes en attente d’évaluation relèvent du même conseil départemental qui charge des associations (Raih, l’Avitarelle) d’estimer leur minorité et leur isolement (toujours en vertu d’une décision de justice). Dans ce domaine, l’État rembourse déjà une partie des frais mais seulement à hauteur de 250 € par jeune pour cinq jours.

Pour Véronique Calueba-Rizzolo, déléguée solidarité enfance famille au Département, “si l’État intervient financièrement pour la phase d’évaluation, pour accélérer la procédure, cela permettra au Département de souffler”. Elle précise que le budget annuel total de l’ASE s’élève à 162 M€, en constante progression, dont 15 % dédiés aux MNA. “Cela donne de l’espoir mais on est une centaine de départements, tous ne seront pas pourvus de la même façon”, poursuit l’élue, qui ne sait pas encore par quel dispositif ces fonds supplémentaires seront mis en œuvre.

“Accélérer les projets”

À écouter les propos du Premier ministre, une piste semble se dessiner, lorsqu’il assure qu’il faudrait “mettre en place des dispositifs d’accueil et un processus de prise en charge spécifique, adapter les dispositions législatives”.

Dans l’Hérault, l’hébergement d’urgence en hôtel, très critiqué, de ces exilés en attente d’évaluation “coûte cher et ne satisfait personne, notre objectif est d’y mettre fin”, acquiesce l’élue en charge. Tout en rappelant que la collectivité réfléchit “à un suivi éducatif renforcé” pour ces jeunes isolés en proie à de grandes difficultés.

Certains sont désormais répartis ailleurs dans l’Hexagone, d’autres ont quitté les hôtels pour une colocation en appartement proposée par l’association Un toit pour apprendre. Des projets ont été inscrits au schéma départemental de l’enfance. “Si l’État finance, on pourra les accélérer.”

Reste que, “l’an dernier, ajoute l’élue, on n’avait pas prévu que le phénomène continuerait comme cela”. Au rythme de la crise migratoire, et selon la clé de calcul fixée par la loi obligeant l’Hérault à accueillir 1,73 % du public reconnu comme MNA, le département pourrait voir leur nombre passer à 500 d’ici fin 2017. »

Voir en ligne : http://www.midilibre.fr/2017/11/06/...

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