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Le conseil départemental démuni face à la vague des migrants mineurs

Publié le 9-12-2017

Source : www.ladepeche.fr

Auteur : Marc Centène

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Hier matin, le conseil départemental réunissait sa commission permanente, et parmi les dossiers habituels, l’un d’eux a focalisé les attentions. Un dispositif provisoire d’accueil en urgence de mineurs non accompagnés était soumis à l’approbation de l’assemblée. Les migrants mineurs arrivent en nombre croissant dans le Gers.

Philippe Martin, le président du conseil, n’a pas caché son « inquiétude », dont il a fait part au ministre de l’Intérieur tout récemment lors d’une conversation téléphonique. Entre janvier et la fin août 2017, 34 migrants mineurs étaient arrivés dans le Gers. Ils sont près de 150 à avoir été pris en charge par l’Aide sociale à l’Enfance (ASE) depuis septembre… « Je ne suis pas inquiet pour l’assistance fournie à ces enfants, qui arrivent ici après des périples dantesques, inhumains, a précisé Philippe Martin. Ces enfants — car ce sont des enfants — c’est un honneur pour le département et pour la République de les accueillir. » Il a salué le travail fourni jour et nuit par les services de l’ASE, face à des situations souvent très complexes.

L’inquiétude de Philippe Martin, il faut la chercher du côté du financement de cet accueil. Car l’État ne prend que les cinq premiers jours de l’accueil. Trop peu pour les nécessités de la prise en charge, toujours longue : il faut identifier, savoir s’il s’agit d’un mineur, loger, etc. Or, la générosité a son prix. 300 000 € ont déjà été dépensés pour aider les arrivants… « L’État ne semble pas avoir de stratégie », dénonce à mi-mots le président, qui assure avoir dit à Gérard Collomb que l’État « ne pouvait pas se décharger de la sorte sur les départements ».

Car le problème est général : toute l’Occitanie est concernée par le phénomène. Mais les ressources du Gers ne sont pas celles d’autres départements mieux lotis. « 600 pour la Haute-Garonne, et 200 environ pour le Gers ! Les places mobilisables, les dispositifs, sont saturés ». Bernard Ksaz, président de l’office HLM, a annoncé une réflexion pour aider le CD32 dans cet accueil. Mais Philippe Martin se voit déjà écoper le tonneau des Danaïdes… « Le gouvernement s’oriente plus vers la reconduite sévère aux frontières. Je redoute aussi que d’autres filières ne se créent pour les filles : actuellement, on ne voit arriver que de jeunes garçons. » Cet afflux va-t-il se résorber. Le président du conseil n’y croit guère. « Avec le réchauffement climatique, nous allons assister au contraire à des migrations bien plus colossales. » Mettant en avant l’histoire du Gers, son accueil généreux pendant la guerre des populations en exode, il a réfuté toute « naïveté » : « Il faut une stratégie nationale ! »

Paisibles arrivants

Arrivés pour beaucoup d’Italie, ces mineurs sont originaires d’Afrique noire, essentiellement du Mali, de Guinée ou de Côte d’Ivoire. Seuls ou en petits groupes, ils arrivent à la gare d’Auch, guidés à Matabiau par les passeurs, et finissent par frapper à la porte du commissariat pour obtenir de l’aide. « La plupart du temps, ils arrivent comme ça, à pied, explique-t-on au commissariat. Nous les confions ensuite à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ». Ces jeunes migrants ne reviennent pas au commissariat par la suite : « Nous n’avons jamais de cas de délinquance liés à ces jeunes ». Regar, l’hôpital et des structures hôtelières les hébergent, sous le contrôle de l’ASE, dans le centre Vacanciel de Samatan, l’ex Epahd de la Ribère à Auch avec l’aide du CIAS du Grand Auch.

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