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Mineurs étrangers isolés : le Vaucluse en terrain miné

Publié le 10-03-2018

Source : www.laprovence.com

Auteur : Vincent Marcel

« [...] Catherine T. ne décolère pas contre les évaluations qu’elle juge parfois "arbitraires" menées par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du Vaucluse. Cette bénévole de Réseau Éducation Sans Frontière (RESF) 84 estime que la structure départementale doit mieux examiner les dossiers des mineurs non accompagnés (MNA) qui relèvent de la protection de l’enfance, compétence des départements. Dix, quinze minutes suffisent parfois à évaluer la minorité de ces jeunes migrants, présumés mineurs jusqu’à leur évaluation par l’ASE. Une case est souvent cochée par les évaluateurs. "Son apparence physique entre en contradiction avec l’âge allégué". "C’est du n’importe quoi ", s’emporte la bénévole.

"Ils ne font pas passer l’oral de l’ENA !"

Des commentaires que Lucile Pluchart, directrice générale adjointe du service du Département en charge des solidarités, n’admet pas. "L’apparence physique est importante mais ce critère est noyé parmi beaucoup d’autres.Ce ne sont pas des évaluations au faciès" et la cohérence du parcours migratoire ou l’isolement du jeune migrant sont notamment pris en compte par les travailleurs sociaux du Département.

Ces migrants isolés sont souvent dépourvus de papiers. Un casse-tête pour le département. "C’est compliqué de dire avec certitude que ces jeunes ont plus ou moins de 18 ans", reconnaît-elle. La responsabilité des évaluateurs est lourde. "Mais ce n’est pas opaque", s’offusque la responsable départementale.

Peut-on contacter ces évaluateurs ? La réponse est non. "Ils n’entrent pas en relation avec la presse." Le Département évalue et met à l’abri ces jeunes migrants. Le dispositif d’accueil de l’ASE est saturé. "Le Département fait face mais c’est compliqué", reconnaît Lucile Pluchart.

Les évaluateurs de l’ASE ont le sort de dizaines de jeunes migrants entre leurs mains. "Ça dépend de l’humain", convient Catherine T. Elle se souvient d’une évaluatrice "qui faisait tout pour recaler ces jeunes. Mais tous ne sont pas comme ça", nuance-t-elle.

"Il a fini par ne plus croire en personne"

"Ils ne font pas passer le grand oral de l’ENA !", s’indigne de son côté, la directrice générale adjointe. Une réponse négative et ces jeunes se retrouvent pourtant dans la clandestinité. "Ils ne sont pas rejetés dans la nature. On les réoriente vers des dispositifs d’accueil à destination des migrants adultes", fait-elle valoir. Ils sont environ 200 mineurs étrangers à être pris en charge par le Département. "On en garde même certains qui ont atteint leur majorité", se félicite-t-elle.

Depuis un an et demi, Catherine T. héberge Moussa*, à Carpentras. Ce jeune Guinéen est reconnu mineur une première fois par le département de la Savoie en octobre 2016. Faute de place à Chambéry, il est transféré à Carpentras. Les évaluateurs de l’ASE du Vaucluse déjugent leurs confrères savoyards et Moussa redevient majeur. "Il a fini par ne plus croire en personne", s’indigne la bénévole. Elle le prend sous son aile et se démène pour régulariser sa situation. Le 7 novembre dernier, Moussa est définitivement reconnu mineur par la justice. La bénévole n’exclut pas de se retourner contre le Département. "Nous n’avons reçu aucun dédommagement. C’est profondément injuste !"

(*) Le nom a été modifié.

[...] »

Voir en ligne : http://www.laprovence.com/article/p...

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