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Mineurs isolés : un phénomène croissant

Publié le 4-04-2018

Source : www.ladepeche.fr

Auteurs : Laurent Benayoun et Lucie Tollon

« La problématique des mineurs non accompagnés (MNA) a fait l’objet d’une motion, lors de la dernière séance du Conseil départemental, motion votée à l’unanimité. Le sujet embarasse par sa montée en puissance et pourrait constituer un axe de débats lors de la session budgétaire aujourd’hui et demain.

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En effet, selon le Département, « le nombre d’arrivées de mineurs non accompagnés en Tarn-et-Garonne croît continûment depuis une dizaine d’années. Les chiffres de 2017 sont particulièrement préoccupants avec 172 nouvelles arrivées contre 73 en 2016. Et ceux constatés pour les mois de janvier et de février de 2018 s’inscrivent dans la même tendance.

Le solde de jeunes MNA arrivés depuis le 1er janvier 2018 et en cours d’évaluation est provisoirement de 31 à ce jour, et 87 MNA sont actuellement accueillis dont 85 sont placés à l’aide sociale à l’enfance (ASE 82).

Toujours selon les services du Conseil départemental, « ces mineurs arrivent en Tarn-et-Garonne par le biais de filières bien structurées et organisées. Dans ce domaine, le Département se retrouve donc en situation de gérer les effets indirects de politiques migratoires dont il ne maîtrise pas les leviers. Il en résulte un coût pour le budget départemental d’environ 4 millions d’euros par an. Si rien n’évolue et que les arrivées de MNA se poursuivent au même rythme, la situation ne sera bientôt plus tenable. »

Filières organisées
Les conseillers départementaux unanimes appellent donc l’État à « s’impliquer pleinement dans l’évaluation de la minorité et la mise à l’abri de ces MNA, afin de ne pas faire peser sur les départements une charge excessive, engager toutes les actions nécessaires au démantèlement des filières à partir des constats faits sur le terrain, porter le dossier au niveau européen »

Damian Moore, directeur général adjoint en charge des solidarités départementales, à la DSD confirme le phénomène : « Nous sommes touchés comme les autres départements. Les mineurs sont souvent originaires de l’Afrique subsaharienne et sont déposés devant la DSD par des filières. Nous devons les prendre en charge, évaluer leur âge exact et s’ils sont majeurs les réorienter vers d’autres services de l’État ».

Véronique Ortet, directrice de Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) de Tarn-et-Garonne ne nie pas les difficultés. « L’accueil des mineurs non accompagnés relève de la compétence du conseil départemental au titre de l’aide sociale à l’enfance. l’Etat n’a assuré que très temporairement une mission d’hébergement fin 2016/début 2017, d’ailleurs en lien avec le conseil départemental », rappelle-t-elle. Depuis plusieurs mois, plusieurs Conseils départementaux sont sollicités par un nombre très élevé de mineurs arrivant sur le territoire français mettant ainsi sous tension les organisations classiques d’accueil. Le Tarn-et-Garonne n’échappe pas à cette augmentation des flux de mineurs même si le territoire semble, pour l’instant, moins impacté que d’autres départements au plan national et en Occitanie. L’État reste à l’écoute de cette situation et a travaillé avec le Département sur l’élaboration d’un protocole, en cours de finalisation, pour améliorer l’accueil et l’accompagnement des mineurs non accompagnés au niveau local.

Notons que la préfecture et les forces de sécurité restent très vigilantes sur le repérage des filières et des éventuelles fraudes lors de l’arrivée de ces mineurs.

Par ailleurs, compte tenu de la situation très difficile de certains départements, notamment dans le Nord, une réflexion s’est engagée au niveau national sur les compétences réciproques de l’État et des Conseils départementaux.

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Catherine Saillard : « Quand ils arrivent ici, ils n’ont rien »

Catherine Saillard et Bouchra Ghfir sont assistantes familiales depuis une dizaine d’années. Depuis quelques années, elles accueillent des mineurs isolés issus d’Europe de l’est et d’Afrique. Un accompagnement aux nombreux défis. « La plupart de ces jeunes, quand ils arrivent, ne parle pas du tout la langue française. Ou ils ont appris quelques mots pour pouvoir se débrouiller au quotidien. C’est un travail de titan de leur apprendre la langue. C’est comme si on avait un enfant qui venait de naître et que l’on doit le prendre en charge à tous les niveaux. Ils arrivent dans une autre société, un autre mode de vie et il faut qu’on leur apprenne avec beaucoup de tact et de patience pour ne pas heurter leur sensibilité. Ils arrivent aussi avec une richesse à eux », témoigne Bouchra Ghfir. Pour ces mineurs isolés, l’objectif est d’accéder à une situation professionnelle et personnelle avec l’obtention de papiers, de contrats de travail ou de diplômes. « Quand ils arrivent ici ils n’ont rien. Alors la finalité de leur présence ici est incroyable, ils partent avec quelque chose, une situation et les objectifs d’accompagnement sont accomplis », ajoute Catherine Saillard. Un des jeunes présents, qui vient de Guinée a une idée très précise de ce qu’il veut faire plus tard : « Je veux travailler dans la maçonnerie. » Comme ses camarades, il se battra pour atteindre ses objectifs pour une meilleure vie en France. »

Voir en ligne : https://www.ladepeche.fr/article/20...

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