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A Brest, une maraude pour approcher des mineurs étrangers en errance

Publié le 19-11-2018

Source : France Bleu

Auteur : Valérie Le Nigen

Extraits :

«  A Brest, le comportement de mineurs marocains en errance pose problème aux travailleurs sociaux et à la police. Ils refusent la prise en charge de l’Aide Sociale à l’Enfance et perturbent la vie du centre ville par des actes de délinquance. Une maraude vient d’être mis en place par des éducateurs.

Cette vingtaine d’adolescents étrangers en errance sont des jeunes psychiquement abîmés et sont une minorité. La grande majorité des 450 mineurs étrangers non accompagnés actuellement dans le Finistère (325 pris en charge par le Conseil Départemental et 122 en évaluation) cherchent à se reconstruire, à apprendre et à s’intégrer. Mais, la police interpelle régulièrement des mineurs d’origine maghrébine, pour des incivilités, des actes de délinquance, parfois de la violence avec une difficulté : ces jeunes multi-récidivistes refusent les mesures éducatives de l’Aide Sociale à l’Enfance gérée par le Conseil Départemental. Ils se méfient des adultes et vivent dans des squats.

" Ils s’échappent au premier feu rouge"
"Ces adolescents sont des jeunes qui ont souvent des troubles du comportement. Souvent, quand on va les chercher au commissariat, ils s’échappent de la voiture au premier feu rouge. Parfois, certains vont accepter une douche et quelques heures dans un foyer pour recharger leur portable, puis, ils vont disparaître dans la rue et les squats", explique Benoît Bothua, responsable de la mission départementale mineur étrangers non accompagnés au Conseil Départemental du Finistère. _"Ces jeunes ont souvent subi des violences dans leurs familles ou parfois des violences dans les services sociaux maghrébins. En tout cas, ils sont très méfiants des adultes. Ils sont très mobiles, entre Brest, Rennes, Paris et d’autres capitales européennes. Cela explique pourquoi on a vu une soixantaine de visages différents en 2018 à Brest, même s’ils ne sont qu’une petite vingtaine en même temps." _

Une maraude d’éducateurs spécialisés depuis septembre
Depuis septembre, une maraude est effectuée par deux éducateurs spécialisés dans la rue, grâce à un travail conjoint du Conseil Départemental et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse. "Puisque nous ne pouvons pas les garder en foyer, nous essayons d’établir un lien de confiance, notamment en parlant santé. Ce sont des jeunes très abîmés, notamment par leur consommation toxique. Sous l’effet des produits, ils ont un coté un peu kamikaze. Ils n’ont pas peur d’affronter des adultes. _Il y a donc beaucoup de blessures_. On va essayer peu à peu de rétablir un lien de confiance."

Ils vivent dans des squats, parfois chez des personnes hospitalisées
"Ils vivent dans des squats, parfois dans des logements laissés par des personnes hospitalisées ou des campings cars. Ils sont très vite délogés et repartent ailleurs", précise Benoît Bothua lorsqu’on l’interroge sur les lieux de vie.

"Oujda ? On dit ça parce que c’est plus simple"
Interrogé en bas de la place de la Liberté, un jeune explique "on dit tous qu’on vient d’Oujda au Maroc parce que c’est plus simple. Les premiers venaient d’Oujda. Maintenant, même si on vient de Casablanca, on dit Oujda. C’est comme un code."

Une cellule spécifique créée par la police
La police constate qu’ils n’ont jamais de papiers d’identité sur eux. Ni même de téléphone lorsqu’ils sont interpellés. Une cellule spécifique a été créée en septembre par la police à Brest. Elle permet de réunir une fois par semaine des policiers, des services des renseignements territoriaux et d’être en lien avec les ambassades et les autres services de police du grand Ouest. Selon les premiers éléments d’enquête, il n’y aurait pas de mafia organisée pour les faire venir. Reste à vérifier qu’ils ne sont pas aux mains de réseaux ici en France. A Paris, des policiers marocains ont été appelés pour soutenir les policiers français. Ce n’est pas envisagé à Brest. Outre la polémique suscitée par la présence de policiers marocains auprès de jeunes ayant fuit ce pays, l’expérience ne serait pas concluante selon un policier brestois. Le problème a juste été déplacé.
 »

Voir en ligne : https://www.francebleu.fr/infos/fai...

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