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Dans les communes et dans les territoires, accueillir les exilés

Publié le 17-12-2018

Source : Libération

Auteur : l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita)

Extraits :

«  A l’occasion de la Journée internationale des migrants, mardi 18 décembre, l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) apporte des réponses concrètes et soutient les actes de solidarité qui se multiplient, localement.

(...)

Enjeux humanistes

La question du respect des droits humains fondamentaux reste certes posée, à toutes les échelles, et permet de nouvelles réponses à travers l’engagement des citoyens et aux associations. Cet optimisme de la volonté doit être contagieux. Il doit permettre de remettre les vrais enjeux, humanistes, en perspective dans un monde plus mouvant et plus bienveillant qu’on ne le croit. C’est tout le sens des combats menés localement. (...)

Comment ne pas évoquer l’engagement des bénévoles, des associations et des élus convaincus que le pire serait de ne rien faire, de ne rien voir, de laisser monter les indifférences ? Comment ne pas évoquer ces engagements du quotidien, de tous ceux et celles, anonymes, qui militent pour une autre politique d’accueil ? Mais c’est aussi évidemment des combats politiques, complémentaires à cet accompagnement, qu’il nous faut mener individuellement et collectivement, pour une loi sur l’asile et l’immigration qui apporterait de réelles solutions au parcours des exilés.

L’association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita), que nous avons fondée il y a quelques mois, souhaite contribuer à apporter des réponses concrètes aux difficultés évoquées, celles qui condamneraient la France à se perdre, loin de son histoire, des traditions d’accueil et d’hospitalité.

La volonté commune des membres d’Anvita est de promouvoir et asseoir l’hospitalité en prenant en compte les particularités des territoires et des publics accueillis et secourus. Nous rappelons que la crise de l’accueil des exilés est d’abord et avant tout une crise des valeurs et institue une violation des droits humains fondamentaux.

En France, comme dans de nombreux pays, de nombreuses associations, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ou encore le Défenseur des droits, évoquent, rapport après rapport, les atteintes faites aux personnes, les privant de leurs droits les plus élémentaires. C’est, nous le disons, insupportable.

En cette journée internationale des migrants, nous appelons les communes, les maires et l’ensemble des élu·e·s à agir et oser. Agir et oser pour nous rejoindre, pour rejoindre ce travail d’hospitalité entamé par l’Anvita et ensemble faire des propositions d’actions. Nous demandons au-delà de l’hospitalité des villes, la reconnaissance de la présence dite de transit pour sécuriser les parcours migratoires et casser aussi, disons le clairement, le trafic des passeurs.

Lieux de refuges

Nous proposons aux territoires, alors même que l’hiver s’installe, d’être des lieux de refuge et de répit pour ceux qui ont besoin d’être mis à l’abri quelque soit leur statut.

Nous proposons de construire avec les exilés les chemins de la dignité conformément au pacte d’Amsterdam, de la convention habitat III de l’ONU et du pacte de Marrakech.

Nous exigeons le respect des droits des enfants dont les mineurs non accompagnés considérant d’abord et avant tout l’intérêt de l’enfant.

Nous demandons enfin à l’Etat de prendre ses responsabilités et qu’il assume vraiment ses missions : créer des solutions d’accueil, d’hébergement et d’accompagnement beaucoup plus nombreuses et plus qualitatives qu’aujourd’hui. Il y a urgence à agir et à oser. Ensemble, nous pourrons le faire. Et entamer la reconquête humaniste.

Signataires

Damien Carême, maire de Grande-Synthe, président de l’association et les représentant·e·s des villes et territoires membres de l’association : Aïcha Bassal, représentante de la ville de Nantes, Catherine Bassani, conseillère municipale de la ville de Nantes ; Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine ; Marie-Dominique Dreyssé, adjointe au maire de Strasbourg ; Gérard Fromm, maire de Briançon ; Jean Frackowiak, élu d’opposition à Echirolles ; Corinne Iehl, élue du VIIe arrondissement de Lyon et de la métropole, Myriam Laïdouni-Denis, élue de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ; Bernard Macret, quatrième adjoint du maire de Grenoble, chargé des Solidarités internationales ; Halima Menhoudj, adjointe au maire de Montreuil ; Jaklin Pavilla, première adjointe au maire de Saint-Denis ; Nathalie Perrin-Gilbert, maire du Ier arrondissement de Lyon, Eric Piolle, maire de Grenoble ; Laurent Russier, maire de Saint-Denis ; Bozena Wojciechowski, adjointe au Maire d’Ivry-sur-Seine.  »

Voir en ligne : https://www.liberation.fr/debats/20...

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