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Etat des lieux du racisme en France

Publié le 3-05-2019

Source : ASH n°3109 p.14

Auteur : Maïa COURTOIS

Extraits :

«  Dans son rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme signale une tolérance en progression, mais elle souligne des actes discriminatoires toujours sous-évalués.

Le 28e rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) s’ouvre sur un constat optimiste :« Les sentiments à l’égard des immigrés et des minorités évoluent vers plus de tolérance. » L’indice longitudinal de tolérance, mode de calcul de l’évolution des préjugés, en forte amélioration depuis 2013, a augmenté de deux points pour atteindre 67 sur 100. L’année 2018 est « une année record pour l’acceptation des musulmans et de l’islam », et l’indice a progressé de deux points envers les Maghrébins. Un phénomène « d’autant plus remarquable qu’il intervient dans un contexte où la menace terroriste et la question de l’accueil des réfugiés continuent à être au cœur du débat public », note la CNCDH.

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Les Roms « particulièrement rejetés »

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Alors que la situation s’améliore globalement pour les autres minorités, les Roms restent « particulièrement rejetés, et la tolérance à leur endroit a très peu évolué depuis novembre 2016 », relève la CNCDH. Cette minorité, avec un indice de tolérance de 35 points, contre 79 pour les Noirs ou 73 pour les Maghrébins, est la plus stigmatisée. Conséquence, entre autres, de ces préjugés négatifs, les Roms « font face à de vraies difficultés pour accéder à certains droits fondamentaux tels que le droit au logement ».

Le rapport met également l’accent sur les discriminations subies par les Français des outre-mer. (...)

Droit à la scolarisation

La non-scolarisation touche en particulier « les enfants roms ou perçus comme tels, enfants du voyage, enfants vivant en bidonvilles ou squats, mineurs non accompagnés et enfants vivant dans les outre-mer, en particulier en Guyane et à Mayotte ». La CNCDH déplore le refus de certains maires d’inscrire ces enfants dans l’école de leur commune, les expulsions entraînant des ruptures dans la scolarisation, ou encore le manque d’infrastructures et de personnel dans les outre-mer – qui impacte principalement les groupes stigmatisés comme les Amérindiens ou les Bushinenge en Guyane. La CNCDH rappelle les pouvoirs publics aux recommandations formulées en 2017 concernant l’effectivité du droit à l’éducation dans les outre-mer. Elle demande que soit engagée « une action coordonnée permettant à tous les enfants d’être scolarisés, quelle que soit leur origine réelle ou supposée », conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989. Concernant le racisme à l’école, la commission recommande une étude initiée par le ministère de l’Education nationale sur les discriminations produites par le système scolaire. Enfin, elle encourage le ministère à « renforcer les liens qu’entretient le système éducatif avec les associations de lutte contre le racisme ».

Face à ces discriminations, le paysage associatif antiraciste s’est diversifié ces dernières années. La CNCDH s’est intéressée à ces nouveaux aspects. « La question de l’intersectionnalité se place au cœur des préoccupations des associations de nouvelle génération », note-t-elle ainsi. Entre autres exemples, l’association Lallab organise des ateliers, tables rondes et événements à la croisée des luttes entre racisme et sexisme, autour des femmes musulmanes. Le public, « plutôt jeune, souvent majoritairement féminin », de ces nouvelles associations se méfie « d’un universalisme qui, à ses yeux, risque de les ignorer dans leurs spécificités ».  »

Voir en ligne : https://www.ash.tm.fr/hebdo/3109/fo...

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