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Crise démographique. Des mineurs délaissés par le manque de pédopsychiatres

Publié le 28-02-2020

Source : ASH n°3149

Auteur : Vincent ADENOT

Extraits :

«  La crise démographique de la pédopsychiatrie perdure. Non sans avoir des effets délétères sur l’accompagnement de jeunes relevant de l’aide sociale à l’enfance ou de la protection judiciaire de la jeunesse. Une situation qui place les professionnels du secteur médico-social dans l’impasse.

(...)

« La psychiatrie infanto-juvénile n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était. La pédopsychiatrie publique ne peut plus apporter aux enfants, protégés ou non, les soins dont ils ont besoin, faute de structures et de moyens humains », a déploré Jean-Louis Tourenne, sénateur socialiste d’Ille-et-Vilaine. Selon l’Atlas de la démographie médicale 2016 publié par le Conseil de l’ordre national des médecins, la spécialité de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est confrontée à la plus forte chute de médecine de spécialité : moins 48,2 % entre 2007 et 2016 (activité libérale et activité salariée confondues). (...)

[*Difficultés de prise en charge des MNA*]

La situation des mineurs non accompagnés (MNA) est également préoccupante. Dans un avis relatif au bilan de santé des enfants étrangers isolés, publié en novembre dernier, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) rappelait que ce public présente des troubles psychiques et des troubles du comportement importants et plus fréquents que leurs pairs accompagnés, et que les adolescents en population générale. « Ces troubles sont par ailleurs repérés tardivement et moins bien pris en charge que pour les autres mineurs. Le syndrome de stress post-traumatique concerne jusqu’à la moitié des enfants étrangers isolés, même si sa prévalence varie selon les études (entre 20 % et 53 % des troubles psychiques). » La dépression et l’anxiété constituent elles aussi des risques importants pour les enfants étrangers isolés. « Leur prévalence (dépression : 15 % à 23 % des troubles psychiques ; anxiété : 9 % à 50 %) est supérieure à celle rapportée dans la population générale. » Les troubles présentés par les enfants étrangers isolés sont souvent de révélation tardive et nécessitent une surveillance régulière des signes. Or, les mineurs non accompagnés ne sont pas éligibles à la protection universelle maladie (Puma) mais seulement à l’aide médicale d’Etat, qui ne couvre pas les soins en CMP. « Concernant la santé psychique, les départements enquêtés s’accordent pour souligner l’importance et la difficulté des repérages et des prises en charge nécessaires, alors que les structures psychothérapiques (CMP) sont en nombre insuffisant, sans formation aux spécificités de la population des enfants étrangers isolés. Peu de structures d’accueil bénéficient de la présence de psychologues, ou alors dans le cadre de vacations ou en supervision. Aucun bilan spécifique n’a été décrit au cours de l’enquête », ajoute l’étude du HCSP.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 (art. 59) rend désormais obligatoire la réalisation d’un « bilan de santé et de prévention » dès l’entrée d’un mineur dans le dispositif de protection de l’enfance. (...)  »

Voir en ligne : https://www.ash.tm.fr/hebdo/3149/ma...

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