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Pour ne pas laisser les jeunes vulnérables sombrer

Publié le 23-06-2020

Source : La Croix

Auteur : Jean-Marc Sauvé, vice-président honoraire du Conseil d’État, président d’Apprentis d’Auteuil

Extraits :

« Jean-Marc Sauvé, vice-président honoraire du Conseil d’État, président d’Apprentis d’Auteuil

Il nous alerte sur la situation des jeunes issus de la protection de l’enfance, mineurs ou jeunes isolés ils vont être les premières victimes de la crise , le 11 juillet, date de fin de l’état d’urgence sanitaire.

La crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a considérablement aggravé les conditions de vie, déjà difficiles, des plus vulnérables de nos compatriotes. Parmi eux, figurent les jeunes qui sortent de la protection de l’enfance sans disposer d’une insertion sociale et professionnelle suffisante et qui sont trop souvent acculés à une mise à la rue brutale à 18 ans, alors qu’en principe prend fin pour eux toute prise en charge au titre de l’aide sociale à l’enfance. De telles « sorties sèches » ont fort heureusement été évitées pendant la période de l’état d’urgence sanitaire, puisque la loi du 23 mars 2020 a prescrit la continuité des mesures de protection des mineurs et des jeunes majeurs, qui étaient en cours d’exécution. Les éducateurs et les travailleurs sociaux ont ainsi pu continuer à accompagner les plus fragiles.

Ce cadre légal demeure toutefois temporaire et exceptionnel. Or on ne peut imaginer que les difficultés de ces jeunes s’arrêteront au lendemain de la fin de l’état d’urgence.

Ayant vécu des parcours difficiles, parfois traumatiques, cumulant les handicaps, les jeunes sortants de la protection de l’enfance, qu’ils soient mineurs ou jeunes isolés non accompagnés, enfants en rupture avec la loi ou en situation d’échec familial ou scolaire, vont être les premières victimes de la crise économique et sociale qui s’annonce. Ils sont parmi les plus fragiles de notre société ; ils sont donc particulièrement exposés aux secousses à venir.

Sans projet, ni accompagnement, nombre d’entre eux risquent de se retrouver livrés à eux-mêmes au matin du 11 juillet, date de fin de l’état d’urgence sanitaire. Cette situation n’est pas nouvelle : elle est la conséquence de politiques publiques de la jeunesse incomplètement déployées dans les domaines de la protection de l’enfance et de l’insertion, mais aussi d’évolutions sociétales : le recul de l’âge de l’autonomie et son corollaire, l’entrée plus tardive sur le marché du travail, font que les jeunes sont les plus exposés au chômage. Mais elle a acquis une dimension inédite, que va encore aviver la crise sociale qui arrive, quelles que soient les mesures prises pour en réduire la durée et les effets. Aujourd’hui, de façon plus claire encore qu’hier, nous devons nous poser cette simple question : quel parent, quelle société peut accepter de mettre certains de ses enfants à la rue à l’âge de leurs 18 ans, sans projet abouti ni soutien, en particulier dans cet environnement ?

(...) »

Voir en ligne : https://www.la-croix.com/Debats/For...

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