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Social. "Des parcours d’insertion brisés", les jeunes étrangers isolés sont nombreux à devoir quitter la Marne

Publié le 3-07-2020

Source : France 3 Régions

Auteure : Isabelle Forboteaux

Extraits :

« Depuis le déconfinement, les obligations de quitter le territoire ne cessent de tomber pour de jeunes étrangers isolés. Mineurs lors de leurs arrivées dans la Marne, ils ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. Aujourd’hui, on leur demande de partir.

"Aujourd’hui (30 juin) les gendarmes sont venus chercher chez moi un jeune qui ne s’est pas rendu à sa convocation de police. Il devait commencer à signer ce jour, le dernier de juin, une assignation à résidence. Ce jeune a disparu depuis que son recours contre l’OQTF (obligation de quitter le territoire) a été rejeté par le tribunal administratif". C’est ainsi que Marie-Pierre Barrière, membre de l’association Réseau éducation sans frontière (RESF) explique ce que sont en train de vivre une dizaine de jeunes étrangers isolés de la Marne. Pour celui que l’on appellera Hasseeb*, une enquête a été menée, dans son pays d’origine. « (Par) des avocats mandatés par le Consulat de France, la préfecture de la Marne a pu établir qu’il avait pris l’identité d’un autre pour abuser les services sociaux français. C’est faux. Pour preuve les avocats ont confondu son nom avec son prénom".

ls s’appellent Tanguy*, Archange*, Wahid*, Haseeb* ou encore Hacim* et subissent, depuis la fin du confinement, le même sort.
"On n’arrête pas de recevoir des obligations de quitter le territoire pour ces jeunes et les recours portés auprès du Tribunal administratif, jusqu’à présent favorables aux jeunes, sont aujourd’hui défavorables. Le Tribunal Administratif ne casse plus les OQTF".

Résultat, ils sont où seront convoqués en gendarmerie ou au commissariat de police. "S’ils n’y vont pas ils passent dans le registre des personnes recherchées. Et le fait de s’être dérobé à une convocation de police ou de gendarmerie peut être utilisé contre eux. Et s’ils y vont c’est pour être assigné à résidence et leur signifier tôt ou tard qu’un billet d’avion les attend". "Non, non, ces jeunes-là ne sont pas assignés à résidence, précise Denis Gaudin, secrétaire général de la préfecture de la Marne. On leur notifie l’OQTF, on leur explique ce qu’ils doivent faire".
Ils ont 30 jours pour quitter le territoire. Cruel dilemme pour ces enfants arrivés mineurs dans la Marne et qui ne rêvent que d’une seule chose : étudier et se former.
Un des jeunes a même reçu une obligation de quitter le territoire sans délai avec deux ans d’interdiction de retour. Il est sur le territoire depuis 5 ans. "Le gamin est hébergé par une association. Il est parrainé. C’est un jeune hyper encadré. On a fait un recours"…
Des actes de naissance rejetés
"Les OQTF sont principalement sur des jeunes qui n’arrivent pas à faire la preuve de leur identité à cause d’actes d’état civil jugés faux ou irrecevables par la police aux frontières, explique encore Marie-Pierre Barrière. Donc on leur demande d’en rapporter de nouveaux et puis au final, je pense que la préfecture se lasse et elle décide de trancher et de mettre une interdiction de quitter le territoire. On a l’impression d’une sorte de sortie de crise où on élimine très vite ceux qui étaient tangents pour lesquels jusqu’à maintenant on attendait, on leur laissait une chance. Maintenant il faut rejeter, exclure, expulser. Je ne sais pas, mais nous sommes très inquiets".

"Pour nous, ces gens arrivés sur le territoire français, réclament une régularisation avec des faux papiers, explique Denis Gaudin, secrétaire général de la préfecture de la Marne. Ils nous présentent des documents d’état civil qui sont faux, falsifiés, non valables. Je vous dis cela avec beaucoup d’assurance parce chez nous cela est vérifié par deux personnes dont c’est le métier. Ils sont formés à cela, ils connaissent les papiers des différents pays, ils savent reconnaître les fraudes. Tout ceci me pose problème et notamment il est assez étonnant de réclamer des papiers à un pays, où l’on souhaite s’installer, en commençant par une fraude. Des fraudes à l’état civil et des fraudes à la nationalité. Quand on se trouve devant ce cas de figure, on leur demande de revenir vers nous avec des papiers qui soient utilisables. Et force est de constater que soit ils n’en ont pas, soit il y a des gens qui reviennent deux fois, trois fois, jusqu’à six fois avec des papiers qui ne sont pas plus valables la première fois que la dernière. Je n’accepterai pas de régulariser quelqu’un qui arrive avec des faux papiers, c’est aussi simple que cela".

Mais pourquoi reviennent-ils jusqu’à six fois s’ils ne sont pas convaincus qu’ils ont entre les mains leurs vrais actes de naissance ? D’ailleurs ces dix jeunes concernés n’ont pas été, à ce jour, condamnés pour faux et usage de faux. L’état français n’est pas non plus sans savoir que dans de nombreux pays d’Afrique ou d’Asie, l’état civil est quasi inexistant. Que déclarer un enfant à sa naissance n’est pas une obligation. "Ca n’est pas mon problème, précise encore Denis Gaudin. Mais nous avons un nombre conséquent de jeunes qui arrivent à être régularisés et qui nous fournissent des papiers valables".

(...) »

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