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« La santé mentale des plus jeunes se détériore à Lesbos »

Publié le 30-10-2020

Source : InfoMigrants

Auteure : Marion MacGregor

Extraits :

« Dans le nouveau camp de l’île grecque de Lesbos, les enfants traumatisés doivent être suivis par des psychiatres et prennent des médicaments pour supporter leurs traumatismes.

Nour, 17 ans, se souvient avec douleur de l’incendie dans le camp de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, en septembre. Lorsque les flammes se sont emparées du site, la jeune Syrienne raconte avoir demandé à sa mère de l’abandonner pour qu’elle puisse mourir.

Comme d’autres mineurs – et ils sont de plus en plus nombreux – Nour prend des antidépresseurs. Elle vit désormais dans le nouveau camp de Lesbos.

Dans les semaines qui ont suivi la destruction de Moria, quasiment tous les mineurs non accompagnés ont été transférés vers la Grèce continentale. Mais il reste encore de nombreux enfants sur Lesbos et sur d’autres îles grecques.

(...)

"Les enfants sont résistants aux chocs et peuvent rebondir, mais ils sont aussi dans une phase où leur caractère et leur personnalité se développent", explique le psychologue.

"S’ils traversent des expériences traumatisantes à cet âge, celles-ci vont façonner leur personnalité ou leur caractère dans le futur, ce qui peut conduire à des difficultés à long terme."

(...) Les enfants dans les camps sont de plus en plus résignés. Selon Greg Kavarnos, ils sont désespérés de voir leurs parents pris au piège et dans l’incapacité de prendre une décision ou une action.

(...)

Lorsqu’un traumatisme n’est pas pris en charge, le trouble psychiatrique devient chronique, s’inquiètent les ONG.

"Alors que faisons-nous ? Nous sommes entrain de créer une génération d’enfants qui vont être dépendants de médicaments psychotropes pour le reste de leur vie."

"Nous avons tous des problèmes mentaux à cause de Lesbos"

Karima d’Afghanistan prend également des antidépresseurs, elle a des difficultés pour dormir. La plupart des membres de sa famille, dont ses petites filles de deux et trois ans, étaient sur un bateau parti de Turquie avant de chavirer en mer Égée. Ils ont pu être sauvés et conduits vers Lesbos. Pendant environ deux ans, ils ont vécu dans le camp de Moria.

Le fils de Karima, Rahullah, témoigne de la situation : "C’était un moment très grave. Des gens sont morts, ils se sont noyés, ils se sont entretués. Nous n’avons pas dormi. Alors maintenant nous avons des problèmes mentaux, tous autant que nous sommes, juste à cause de Lesbos."

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Partir comme seule solution

L’International Rescue Committee, qui propose une assistance psychiatrique et psychologique aux demandeurs d’asile de Lesbos, tente d’aider par des séances de conseil et des médicaments.

Mais selon Marthe Roussou, même si certains commencent à s’en sortir, "la seule solution durable est de les faire quitter cet espace traumatisant dans lequel ils vivent."

(...) »

Voir en ligne : https://www.infomigrants.net/fr/pos...

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