Les territoires de la protection des jeunes majeurs : disparité et inégalités

Date de publication : 06/11/2025

Source : Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire

Auteur.e.s : Emilie Potin, maîtresse de conférences HDR en sociologie. Laboratoire interdisciplinaire de recherche en innovation sociétales (LIRIS), Université Rennes 2 ; Gaël Henaff, professeur de droit privé, LIRIS, université de Rennes 2 ; Lila Le Trividic Harrache, maîtresse de conférences en sociologie. Laboratoire d’études et de recherche en sociologie, université de Bretagne occidentale (UBO) ; Virginie Muniglia, enseignante-chercheuse en sociologie, unité mixte de recherche Arènes, Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) ; Laura Meighen, ingénieure d’études en sociologie, LIRIS, université de Rennes 2.

Présentation :

" Que devient un jeune protégé par l’aide sociale à l’enfance lorsqu’il atteint 18 ans ? Derrière la promesse d’un "contrat jeune majeur" censé assurer la continuité du soutien jusqu’à 21 ans, la réalité se révèle profondément inégale. D’un département à l’autre, les chances d’obtenir ou de renouveler une aide varient largement.

Cette recherche, conduite à la croisée du droit et des sciences sociales, plonge au cœur de ces disparités territoriales. A partir d’enquêtes menées dans trois départements aux pratiques contrastées, elle interroge la manière dont les politiques publiques locales façonnent les parcours des jeunes majeurs et traduisent le principe d’égalité de protection. L’analyse des textes juridiques, des contentieux et d’une quarantaine de situations individuelles permet d’observer comment les règles nationales se réécrivent au niveau local, sous l’effet des moyens disponibles, des cultures professionnelles et des jeux d’acteurs.

Au fil des entretiens avec éducateurs, responsables de service, élus et jeunes concernés, se dessine une géographie sociale de la protection, où l’accès au droit dépend autant de la trajectoire du jeune que de la doctrine implicite de son territoire.

Le rapport met en lumière la coexistence d’un "socle commun" de principes et de pratiques, et de multiples écarts dans leur mise en œuvre, notamment entre jeunes français et jeunes étrangers. Il révèle également les tension d’un système où la protection devient un "droit-devoir", conditionné à la participation du jeune. Au delà du cas des "jeunes majeurs", il éclaire ainsi la manière dont les politiques sociales françaises dessinent leurs frontières entre droit, mérite et vulnérabilité."

Pour télécharger et lire l’étude : www.injep.fr

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