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"Grandir sans chez-soi" : l’Unicef France alerte sur la santé mentale des enfants privés de logement

Publié le 10-10-2022

Date de la publication : 10/10/2022
Source : France Bleu
Auteur : France Bleu

« Vivre à la rue ou dans des chambres d’hôtel insalubres et exiguës entraîne d’inquiétantes conséquences sur la santé mentale des enfants, alertent l’Unicef France et le Samu Social de Paris dans un rapport publié lundi.

Anxiété, dépression, troubles de l’humeur : le bien-être des enfants privés du "cocon protecteur" d’un vrai domicile peut être affecté à court et moyen terme, mais aussi dans leur future vie d’adulte, affirment l’Unicef France et le Samu Social de Paris dans un rapport publié lundi.

La présidente de l’Unicef France, Adeline Hazan veut "porter un cri d’alarme" sur la situation de ces enfants et explique sur France Inter que les enfants sans domicile fixe peuvent être sujets à "de l’angoisse, de l’insécurité, des relations familiales perturbées", avec "des risques de tensions et de violences".
Parmi ces mineurs, "une petite minorité sont des résilients qui en sortiront grandis, mais la majorité va en payer les pots cassés", affirme le pédopsychiatre Bruno Falissard, qui a apporté son expertise aux auteurs du rapport, publié à l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale.
Plus l’enfant est jeune, plus ses conditions de vie peuvent être délétères pour sa santé mentale, selon ce spécialiste, notamment si le tout petit est privé "d’être au chaud, d’avoir à manger lorsqu’il a faim, d’être consolé quand ça ne va pas". "La sécurité de l’environnement a un pouvoir thérapeutique considérable", résume le médecin, pour qui "donner un toit à un sans-abri, ça marche mieux que de lui prescrire des médicaments".

42.000 enfants vivent dans des conditions précaires

Selon un décompte organisé en août par l’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité, "plus de 42.000 enfants vivaient dans des hébergements d’urgence, des abris de fortune ou dans la rue", relève le rapport. Seule une minorité de ces mineurs dort à la rue, "mais attention ! La vie en hôtel ou en foyer a aussi des conséquences énormes sur la santé mentale des enfants", souligne Adeline Hazan.
Surpeuplés, insalubres, les lieux de vie précaires peuvent devenir _"sources d’angoisse"_et peser sur l’estime de soi, le sommeil, l’alimentation, le stress. "Il faudrait avoir des hôtels spécialement pour les familles, pas avec des gens qui boivent. On doit être en sécurité", témoigne ainsi Adèle, 13 ans, citée dans le rapport.
"Je mange sur mon lit", déplore de son côté Julio, 15 ans, qui vit avec sa famille dans une chambre d’hôtel de 9 m2. Une exiguïté qui peut entraîner des tensions, voire "des violences intrafamiliales et des situations de maltraitance", estiment les auteurs du rapport. Selon eux, les pouvoirs publics devraient "renforcer les moyens" d’une offre de santé mentale qui manque "cruellement" de professionnels. Or, ce manque est encore plus criant pour les enfants sans domicile, à cause d’une "discontinuité dans les parcours de soin" et de l’impossibilité pour les familles sans ressources de payer les dépassements d’honoraires des praticiens libéraux.

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