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Démantèlement de la "Jungle" : des mineurs victimes d’une "sélection au faciès" ?

Publié le 26-10-2016

Source : www.lexpress.fr/

Auteur  : Anna Benjamin

« Ce mardi, une partie des migrants qui se présentaient comme des mineurs isolés dans la "Jungle" de Calais ont été exclus de la fille d’attente pour rejoindre un centre d’accueil provisoire. MSF dénonce un "délit de faciès".

Le processus est illégal, selon Médecins sans frontières. L’ONG française a critiqué ce mardi le dispositif mis en place pour orienter les mineurs isolés de la "Jungle" de Calais, en plein démantèlement. "Les mineurs font la queue devant le sas, mais leur accès est conditionné à l’accord d’une seule personne, qui décide s’ils pourront ou non entrer" a déploré Frank Esnée, le chef de mission France pour MSF.

Après avoir attendu plusieurs heures dans une file d’attente, les personnes autorisées à entrer doivent être interrogées dans un hangar par les membres de l’organisme britannique Home Office et les Français de l’OFPRA (Office français de protection de réfugiés et apatrides), avant d’être munies d’un bracelet. Puis, elles sont envoyées vers un Centre d’accueil provisoire (CAP).

"Les grands gaillards c’est pas la peine"

L’association déplore une "sélection au faciès" qui n’est "pas acceptable". "Un tiers" des migrants qui se présentent comme mineurs auraient déjà été exclus. Ce processus n’est "pas légal, continue MSF, dès l’instant où toute personne se déclarant mineure a droit à un entretien".

Sur Twitter, les membres de l’association rapportent des propos entendus : "Si vous voyez des enfants, vous me les envoyez, les grands gaillards c’est pas la peine". MSF déplore le fait que tous les migrants exfiltrés de ces files d’attentes pour mineurs, qu’ils soient âgé de plus ou de moins de 18 ans, vont devoir passer une nouvelle nuit dans le camp, toujours en passe d’être démonté.

L’association a indiqué dans la journée qu’elle allait cesser d’orienter ces personnes vers le dispositif prévu pour eux, mais terminera le travail engagé pour les personnes vulnérables. Lors d’un récent recensement par l’association France Terre d’Asile, près de 1300 personnes se sont déclarées mineures. La quasi-totalité souhaite aller en Grande-Bretagne. Depuis le début de la semaine dernière, 233 mineurs ont pu quitter Calais pour le Royaume-Uni -dont 33 mardi, selon France Terre d’asile.

Des physionomistes à l’entrée

Sur place, une journaliste de L’Express a constaté un changement de situation flagrant depuis lundi. Au premier jour de l’évacuation, les mineurs isolés avaient été repérés en amont et briefés par les membres de l’OFPRA, le processus se passait sans encombre. Le lundi soir, le Royaume-Uni a annoncé qu’il acceptait de prendre en charge tous les mineurs qui disposent de famille sur place. Il s’est aussi engagé à examiner certains dossiers sans liens familiaux, au titre de l’intérêt supérieur de l’enfant.

Ce mardi, la file d’attente pour entrer dans le hangar destiné aux mineurs isolés avait donc considérablement grossi. S’il y a des mineurs qui sont revenus car ils n’ont pu être pris en charge la veille, il y avait sans doute quelques majeurs dans la file, a constaté L’Express.

Selon une bénévole de l’association Salam, consacrée à l’aide des migrants sur le camp, "ce mardi, deux physionomistes ont été placés à l’entrée du hangar. Ils regardaient si les migrants avaient plutôt l’air majeurs ou mineurs". Ce premier repérage de l’âge a lieu à la grille du hangar par des salariés de France Terre d’Asile (Ftda), selon l’AFP. Un deuxième filtrage, pour ceux dont l’âge semble douteux, est ensuite opéré lors d’un entretien mené l’OFPRA et le Home office.

"Un traitement différencié et d’une protection particulière"

Plusieurs journalistes sur place, comme le photographe du Monde Antonin Sabot, ont également assisté à ce tri "au faciès".

En réaction, ce mardi, la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio à souligné qu’"à l’entrée du sas, une association ayant compétence en la matière est en charge de faire entrer les mineurs", et "écarte ceux qui sont manifestement majeurs, c’est-à-dire qui dépassent d’évidence et de plusieurs années l’âge de la majorité". Elle ajoute que "les mineurs bénéficient d’un traitement différencié et d’une protection particulière".  »

Voir en ligne : http://www.lexpress.fr/actualite/so...

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