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Mineurs étrangers. Un club d’adoption

Publié le 1er-02-2017

Source : www.lexpress.fr

Auteur  : Elodie Auffray

«  L’AS Ginglin-Cesson accueille parmi ses joueurs 18 mineurs étrangers. Au-delà du loisir sportif, le club de foot dispense à ces jeunes migrants, éloignés de leur famille, un soutien dans leur quotidien.

Le froid mordant qui sévit, ce vendredi soir de janvier, a découragé une bonne partie de l’effectif. Ils ne sont qu’une dizaine de joueurs de l’équipe U19 à s’entraîner, sur un coin de pelouse du stade de l’Europe, le terrain de l’AS Ginglin-Cesson. Parmi eux, Prince, un jeune Camerounais, s’exerce aux frappes devant le but. Arrivé à Saint-Brieuc il y a près de deux ans, il est l’un des 18 « mineurs étrangers non-accompagnés », comme dit la terminologie administrative, inscrits actuellement au club de foot briochin. Venus sans famille, ces jeunes migrants sont pris en charge par le conseil départemental, au titre de la protection de l’enfance. Au club de Ginglin, où la plupart ont été intégrés à l’équipe des moins de 19 ans, ces Maliens, Sénégalais, Ivoiriens, Pakistanais ou encore Afghans ont trouvé, au-delà de la pratique sportive, un asile chaleureux. Le foot, « ça nous fait du bien, ça nous détend », apprécie un jeune Congolais, là depuis sept mois. « C’est un moyen de distraction », ajoute un autre qui, comme beaucoup, se prend à rêver d’une carrière pro. « Mais c’est pas facile », réalise-t-il. D’ores et déjà, les matchs en déplacement sont l’occasion « de visiter un peu la Bretagne », goûte le jeune africain, débarqué en août.

« Le club s’est construit sur ces valeurs de solidarité »

L’accueil de ces mineurs étrangers s’est développé par un concours de circonstances. « C’est d’abord le fruit d’une longue histoire, expose le président Guy Le Coz. Le club a toujours accueilli des gens de différentes nationalités, vu qu’il est situé dans un quartier prioritaire. Il s’est construit sur ces valeurs de respect, de solidarité et d’ouverture aux autres. » Le premier cas s’est présenté il y a trois ans. Le Département, où Guy Le Coz a longtemps travaillé, a fait appel au club de Ginglin pour prendre en charge quelques jeunes, « notamment à leur arrivée, le temps que leur âge soit déterminé. C’est un processus assez long, pendant lequel ils n’ont rien à faire », indique Guy Le Coz. Fort de son histoire, le club a naturellement accepté d’« aider ces gamins déracinés », dit Jérôme Delaporte, responsable de la filière jeunes au sein du bureau et principal artisan de cet accueil. « Ils sont seuls. S’il arrivait quelque chose comme ça à nos enfants, on aimerait qu’ils soient aidés », souligne-t-il. « Il faut porter quelque chose dans la société, défend de son côté Guy Le Coz. On pense que c’est par des actions comme celles-ci qe ces jeunes peuvent s’intégrer. On essaye d’avoir un rôle éducatif. »

« On leur apprend le collectif »

Sur le plan sportif, « on leur apprend le collectif », note Jérôme Delaporte, qui analyse : « Ils ont beaucoup joué au foot dans leur pays, mais dans la rue, très peu en club. Ils sont très bons physiquement et techniquement. Par contre, ils ont beaucoup de lacunes au niveau tactique. » Les Ginglinais ne regrettent pas leur engagement. « On n’a vraiment aucun souci avec eux, répète le responsable sportif. Dans le vestiaire, ils rangent et nettoient tout, sans qu’on n’ait besoin de le demander. Cinq filent aussi un coup de main pour encadrer les plus petits. »

Les jeunes trouvent également au sein du club des oreilles bienveillantes à qui se confier, ainsi qu’un soutien dans leurs démarches et leur quotidien. « Monsieur Jérôme fait beaucoup pour nous, hormis le terrain. Il nous aide à trouver des stages », souligne ainsi Prince, inscrit depuis la rentrée en CAP cuisine, au lycée hôtelier de Saint-Quay.

Une aide pour les stages

Le club fait en effet jouer ses réseaux, parmi les bénévoles et les partenaires, pour trouver des employeurs qui les acceptent. « Ces gamins sont des crèmes, ils font preuve de beaucoup de gentillesse et de respect. C’est pour ça qu’on n’hésite pas à les envoyer en stage, ça se passe toujours bien », souligne Jérome Delaporte, qui héberge même chez lui l’un des jeunes, plus pris en charge par le Département depuis sa majorité. « Ce qu’on fait, c’est du temps et du réseau, c’est pas grand chose », minimise le bénévole. Pas tout à fait l’avis de Prince, reconnaissant : « On ne peut que remercier les gens qui nous ont accueillis. » »

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