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Le collectif havrais de soutien aux migrants dénonce le sort réservé aux mineurs

Publié le 3-02-2017

Source : www.paris-normandie.fr

Auteur : Stéphane Rousseau

« Solidarité. Des mineurs étrangers sont lâchés dans la rue faute de prise en charge par la protection de l’enfance. Le collectif havrais de soutien aux migrants dénonce un manque de moyens tout en venant en aide à ces jeunes.

Ils sont à peine sortis de l’adolescence et la vie leur a laissé pas mal de bleus. Rescapé in extremis d’un naufrage en Méditerranée, emprisonné dans les geôles de Libye pendant cinq mois, condamné à mort par son chef de village : qu’ils soient Guinéen, Ivoirien ou encore Angolais, à 16 ans ils ont déjà un lourd passé à supporter. Contrairement aux migrants de Calais ou de Stalingrad à Paris, ils ne cherchent pas à atteindre l’Angleterre pour destination finale.

« Depuis des années nous voyons des mineurs arrivés au Havre avec pour objectif d’étudier en France ou fuir des persécutions subies dans leur pays », expliquent des membres du Collectif de soutien aux migrants du Havre. Mais pour ces jeunes gens venus chercher l’eldorado tant espéré, l’accueil qui leur est réservé au pays des droits de l’homme vire rapidement au cauchemar. « Ces mineurs isolés étrangers devraient être logiquement pris en charge par la protection de l’enfance conformément aux engagements de la France au titre de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Mais ces primo-arrivants sont d’abord considérés comme étrangers et non pas comme mineurs en danger. De plus, leur statut de mineur est souvent contesté par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Alors qu’ils devraient bénéficier d’un toit, ils sont laissés dans la rue le temps de l’évaluation de leur minorité. Cela peut demander plusieurs semaines voire plusieurs mois avant d’accéder à une éventuelle prise en charge par l’ASE. Et le dispositif 115 réservé aux adultes ne peut les accueillir », dénonce le collectif.

Prouver sa minorité

Le collectif a recensé sur trois années l’arrivée d’une soixantaine de jeunes migrants confrontée aux mêmes difficultés. « Le principe de présomption de minorité est remis en question. Alors que la pratique était marginale, la détermination de l’âge passe désormais systématiquement par un examen médical osseux plus que contestable. De nombreuses études démontrent une marge d’erreur pouvait aller jusqu’à 18 mois. L’authenticité de leurs documents personnels attestant de leur âge est aussi souvent mis en cause ».

« Nous ne critiquons pas le travail des éducateurs mais il est clairement établi que les ASE manquent de place d’hébergement et de moyens. Le doute ne profite pas au jeune. On ressent bien que tout est fait pour retarder la prise en charge » dénonce le collectif.

Sans prise en charge par les services de protection sociale, les « gamins », après avoir vécu de douloureux traumatismes dans leurs pays d’origine, se sentent à nouveau refoulés. Avec des situations ubuesques comme le cas de ce garçon qui a vu sa vie basculer une fois de plus. Pris en charge par les ASE, il était scolarisé à Elbeuf, fréquentait le club de foot, avait des copains. Du jour au lendemain, il s’est retrouvé au Havre avec pour seule explication qu’il n’y avait plus de place disponible à Elbeuf.

Quelles solutions ?

Heureusement, la solidarité se met en place. Des familles n’écoutant que leur cœur proposent de les accueillir. « Sans cette solidarité citoyenne, ils resteraient à la rue », explique le collectif. Mais cette situation ne doit être que provisoire. Le collectif vient soutenir ces jeunes désemparés en les aidant à faire valoir leurs droits Des solutions sont trouvées à force de détermination. Mais elles ne sont pas toujours satisfaisantes. « Nous nous apercevons que malgré la prise en charge par les services de l’ASE, tous les jeunes ne trouvent pas de place dans un foyer où ils doivent bénéficier d’accompagnements socio-éducatif et médico-psychologique. Une dizaine de jeunes sont actuellement hébergés en hôtel sans avoir accès à ces accompagnements. Ce qui, à court terme, va leur poser un problème administratif. À leur majorité, ces garçons devront être en mesure de justifier d’un parcours d’apprentissage ou de professionnalisation, la condition pour régulariser leur situation avec l’obtention du titre de séjour. »

Pour le collectif, le constat est sans appel : « L’État ne remplit pas ses engagements à l’égard de ces jeunes ». »

Voir en ligne : http://www.paris-normandie.fr/le-ha...

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