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Suisse - A la frontière sud, une ONG suisse à la rescousse des migrants

Publié le 19-02-2017

Source : www.letemps.ch

Auteur  : Andrée-Marie Dussault

« A Côme, une fondation tessinoise aide des mineurs non accompagnés à rejoindre des parents en Suisse

Les médias n’en parlent plus guère, mais la situation d’urgence demeure à Côme pour les migrants qui s’y sont regroupés en vue de franchir la frontière italienne vers le Nord. Questions à Ludovica Domenichelli, directrice de la fondation tessinoise Azione posti liberi, active sur le terrain.

Le Temps : Quelle est la situation aujourd’hui ?

Ludovica Domenichelli : Elle reste très grave. Le camp d’accueil temporaire de la Croix-Rouge est plein à craquer, comptant plusieurs centaines de personnes. Par ailleurs, le prêtre Don Giusto Della Valle, connu pour son action d’accueil, loge dans les locaux de sa paroisse, à Rebbio, une trentaine de migrants. Tous les soirs, entre 60 et 80 personnes, surtout des jeunes hommes, toujours différents, passent la nuit chez lui.

Depuis le début de l’urgence, en septembre, nous nous rendons à Côme une fois par semaine. Nous aidons des migrants qui ont des membres de leur famille en Suisse à les rejoindre. Jusqu’à présent, nous avons réuni 26 personnes à leur famille, via la politique du regroupement familial. Il s’agit essentiellement de mineurs non accompagnés et de femmes seules avec de petits enfants. Nos forces étant limitées, nous nous centrons sur les plus vulnérables.

– Comment procédez-vous ?

– Nous tentons d’abord de créer un rapport de confiance avec les jeunes par le biais de médiateurs culturels, de comprendre ce qu’ils souhaitent et de les informer sur les options envisageables. Plusieurs ont déjà essayé de traverser la frontière suisse, sans succès.

Pour ceux qui ont de la famille en Suisse et souhaitent la rejoindre, nous contactons ces parents et vérifions l’authenticité du lien familial. Puis, nous constituons un dossier avec les preuves de parenté, une déclaration du parent qui accepte d’accueillir le mineur et une procuration légale. Enfin, des volontaires accompagnent le jeune à la douane pour demander l’asile aux gardes-frontières suisses, montrant leur dossier, et nous les attendons de ce côté de la frontière.

– Quels sont vos partenaires ?

– Initialement, nous collaborions avec Don Giusto qui accueillait beaucoup de jeunes seuls. Depuis deux mois, la loi lui interdit d’héberger des mineurs, ceux-ci doivent être pris en charge par la Croix-Rouge. Depuis, notre travail est rendu plus difficile car nous n’avons pas directement accès aux jeunes – le camp de la Croix-Rouge étant très hermétique – pour les informer de l’aide que nous pouvons leur apporter. Nous devons compter sur le bouche-à-oreille.

– Fin janvier, des parlementaires italiens dénonçaient des renvois systématiques et collectifs de migrants à la frontière suisse. Avez-vous été témoins de telles pratiques ?

– Nous avons entendu des plaintes d’ONG, mais nous n’avons pas été en mesure de faire ces constats. En ce qui nous concerne, nous avons une très bonne collaboration avec les gardes-frontières. Au début, nous avons senti chez eux une certaine méfiance. Celle-ci s’est vite dissipée lorsqu’ils ont vu que nous travaillions sérieusement. Évidemment, il y a ceux qui sont plus sensibles au sort de ces jeunes et ceux qui le sont moins. Nous avons aussi créé un partenariat très efficace avec le Secrétaire d’État aux migrations. »

Voir en ligne : https://www.letemps.ch/suisse/2017/...

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