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En Suède, l’île de Gotland se mobilise pour ses réfugiés

Publié le 24-03-2017

Source : www.lemonde.fr

Auteur : Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale

« La région, qui a fait de l’accueil des demandeurs d’asile une question de survie, dénonce la politique de durcissement menée par Stockholm.

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A Gotland, les habitants se mobilisent aujourd’hui pour garder « leurs » réfugiés. Située à quatre heures de ferry de Stockholm, cette île de la mer Baltique de 57 000 habitants n’en accueillait qu’une vingtaine par an jusqu’en 2015. A l’automne, cette année-là, elle voit arriver un millier de demandeurs d’asile et 200 mineurs isolés, hébergés à travers huit centres d’accueil, ouverts à la hâte par le bureau des migrations.

500 nouveaux élèves dans les écoles

Au départ, les réactions n’ont pas toujours été positives. A Farösund, dans le nord de l’île, les habitants se sont opposés à l’ouverture d’un centre d’accueil : « C’était le troisième et il devait accueillir 600 personnes, dans un village de 800 habitants », raconte Jenny Lennhammar, responsable de l’intégration à la région. Le projet fut finalement abandonné et le calme est revenu.

Ailleurs, des volontaires organisent alors des collectes de vêtements et de jouets, proposent des cours de langue… En quelques semaines, 500 nouveaux élèves sont inscrits dans les écoles de l’île. Les classes vides ne manquent pas. Le Gotland a une population vieillissante. « Le déclin démographique est vécu au quotidien par les gens, qui doivent se battre pour garder une école ou un centre de soins dans leur village », observe Saga Carlgren, élue locale du Parti de gauche.

Pour assurer l’avenir économique de l’île, le conseil régional espère atteindre les 65 000 habitants d’ici à 2025. Avant 2015, il réfléchissait déjà à la possibilité de faire venir des réfugiés. Pour répondre au déclin démographique, « mais aussi parce que c’était un problème que notre population ne reflète plus celle de la Suède, qui se diversifiait », précise Saga Carlgren.

« Il y a deux mondes parallèles »

Mais, à l’été 2016, surprise : le durcissement de la politique migratoire au niveau national entraîne la fermeture des centres d’accueil de l’île. Les demandeurs d’asile sont entassés dans des bus, direction la Laponie. « C’était très violent, raconte le prêtre Johan Sunnerstam. Les enfants n’ont même pas eu le temps de dire au revoir à leurs copains. » La région proteste. Sans résultat.

« On nous a dit que certains locaux n’étaient pas de la taille réglementaire, mais c’est juste une excuse pour faire des économies », dénonce Jonas Niklasson. Conseiller régional centriste, cet enseignant organise avec ses voisins une levée de fonds. Les propriétaires de maison secondaire sont mis à contribution et ils parviennent à financer l’hébergement de 240 demandeurs d’asile. Ils leur trouvent aussi des emplois, espérant ainsi accroître leurs chances d’obtenir un titre de séjour.

Sur l’île, beaucoup dénoncent une « trahison » de la part du bureau des migrations et du gouvernement. « On nous dit de faire de l’intégration. Mais pourquoi investir autant de temps et créer autant d’espérances, si c’est ensuite pour déplacer les gens ? », s’interroge Saga Carlgren. Jonas Niklasson fustige « une politique de la peur », qui prend plus le pouls des réseaux sociaux que de la réalité. « Il y a deux mondes parallèles, dit-il. Facebook d’un côté, nous de l’autre. Ici, on vit, on travaille, on étudie ensemble. »

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Voir en ligne : http://www.lemonde.fr/europe/articl...

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