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Mineurs étrangers : un problème majeur

Publié le 11-09-2017

Source : www.republicain-lorrain.fr

Auteur : Saada SEBAOUI

« Les Départements lorrains doivent faire face à l’afflux de mineurs isolés étrangers depuis quelques mois. Certains, considérés comme majeurs, sont mis à la rue. La Fondation Abbé-Pierre de Metz les prend en charge.

Ce jeune Congolais qui a marqué son esprit affirmait, papiers d’identité en poche, avoir 16 ans. « Un policier de la police aux frontières a émis des doutes sur l’authenticité des documents et tout s’est enclenché », raconte Martine Hoerner. « L’aide sociale à l’enfance (ASE) a refusé la prise en charge, donc le centre départemental de l’enfance (CDE) a mis le gamin dehors et il a fini chez nous ! »

La coordinatrice de la Fondation Abbé-Pierre de Metz ne décolère pas. « C’est comme ça depuis un an et demi. Puisque les papiers sont considérés comme falsifiés ou douteux, l’administration considère ces jeunes comme majeurs. » Une trentaine, cet été, ont été concernés. Quatre-vingts depuis le début de l’année, reconnaît le Département de la Moselle.

Lorsqu’on leur montre la sortie du CDE, les jeunes se voient remettre un document répertoriant les lieux où ils peuvent s’adresser pour trouver un toit, à manger ou remédier à une urgence médicale. Le 115 et la Fondation Abbé-Pierre en font partie.

« Sauf que le 115 ne prend pas en charge les mineurs ! », rappelle Martine Hoerner. « Alors ils arrivent chez nous, dénués de tout. Ce sont des enfants en danger et il y a bien de vrais mineurs parmi eux. Il ne faisait d’ailleurs aucun doute, pour le jeune Congolais, qu’il était adolescent. »

Alors, la fondation ne l’a pas lâché. « Nous l’avons nourri, logé et il est allé à l’école apprendre un métier. Mais nous avons également saisi la justice pour faire reconnaître ses droits. » Une question de principe pour l’association caritative, même si ester en justice n’est pas sa vocation. Déboutée en appel, elle annonce qu’elle ira jusqu’en cassation.

Ce n’est pas la première fois que Martine Hoerner et l’équipe de direction régionale saisissent la justice au sujet de ces mineurs réputés majeurs. Sept d’entre eux, sur décision d’un magistrat, ont déjà pu retrouver leur chambre et un quotidien plus serein, plus sécurisé au centre départemental de l’enfance de la route de Plappeville, à Metz. Parce qu’un faisceau de présomptions a forgé la conviction du juge. Pour les autres, ceux qui se retrouvent à la rue, le chemin est compliqué, dangereux. Face à cette situation, des bénévoles intervenant sur le site de Blida à Metz où vivent des centaines de réfugiés, les accueillent à leur domicile (lire ci- dessous). Faute de budget élastique, la fondation, elle, a de plus en plus de mal à faire face à ces arrivées intempestives. « Cette présomption de majorité remet en cause tout le travail de la protection de l’enfance en France. Ce n’est pas acceptable. Le doute doit jouer en faveur de ces gamins ou on ne fera que grossir les rangs de la délinquance, voire bien pire ! »

Les rangs de la protection de l’enfance, eux, sont déjà saturés. »

Voir en ligne : http://www.republicain-lorrain.fr/e...

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