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La grande espérance des mineurs étrangers isolés

Publié le 15-10-2017

Source : www.estrepublicain.fr

Auteur : Didier PLANADEVALL

« La quasi-totalité d’entre eux viennent du continent africain. Les mineurs non accompagnés sont de plus en plus nombreux à entreprendre le voyage pour l’Europe. Dans le Territoire, ils sont accueillis au CEP de Bavilliers.

On les appelle les mineurs non accompagnés (MNA). Ou mineurs isolés étrangers (MIE) Ils viennent de l’autre bout de l’Afrique après un long voyage souvent émaillé de souffrances.
Parfois orphelins, attirés par l’espoir d’un avenir meilleur, ils disent adieu à leur pays d’origine et arrivent de plus en plus nombreux dans les pays européens qui font pour eux figure d’eldorados.

« En 2013, nous avons accueilli 18 de ces jeunes, contre 39 en 2016. Et depuis le début de l’année, 110 ont transité dans le département », indique Dominique Tréla, directeur du centre d’éducation professionnelle (CEP) de la Douce à Bavilliers, qui dépend de l’Association pour la sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (ASEA) du Nord Franche-Comté. 

Habilité pour recevoir 50 jeunes, ce centre en accueille actuellement près de 90, dont une quinzaine sont arrivés pendant le seul mois d’octobre.

Bien sûr, cet afflux a un coût, évalué à 940 000 € en 2013 contre déjà 1,7 M€ cette année par le président du conseil départemental Florian Bouquet, qui regrette la faible participation de l’État. Conseillère aux affaires sociales, Marie-France Cefis souligne : « Un jeune sur quatre pris en charge dans le département est un mineur non accompagné. Nous sommes au bord de la rupture. Mais nous refusons de parquer ces jeunes sur des matelas ou dans des hôtels. »

Dominique Tréla renchérit : « Nous devons les accueillir dans les meilleures conditions. Nous faisons le pari de les accompagner, de leur fournir un toit, le gîte et le couvert, et une formation. »

« On n’arrive pas par hasard à Belfort »

Les circonstances de leur arrivée à Belfort sont souvent floues, elliptiques. « Certains se retrouvent aux 4 As avec un message, d’autres à la mairie, à la gare ou à l’Armée du salut qui bien sûr nous alertent. Mais nous n’avons pas de doute sur le fait qu’on n’arrive pas par hasard à Belfort. Car l’accueil est devenu meilleur dans les villes de cette dimension que dans les grands centres urbains qui sont saturés depuis longtemps », explique Pascal Garcin, directeur « enfance famille et parentalité » au conseil départemental, bien conscient des effets du bouche-à-oreille.

Qu’importe, le conseil départemental se doit d’appliquer la loi. « La première étape, prévue par le texte, c’est de nous assurer que nous sommes bien en présence d’un mineur », précise Dominique Tréla. Chaque nouvel arrivant est donc interrogé, par le biais d’un interprète au besoin, sur les raisons de son départ, son itinéraire, les pays traversés etc. Objectif : évaluer la cohérence du récit.

S’il est considéré comme mineur, il est admis au CEP, en cas de doute, un recours est possible par le biais des associations. Le juge des enfants peut aussi ordonner une expertise osseuse et dentaire, avec l’accord du jeune.

« Certains se voient refuser l’accès. Environ un sur trois ou un sur quatre », précise Pascal Garcin. « Mais 90 % de ceux que nous accueillons ici ne posent aucun problème. Ils sont très motivés car ils savent qu’ils doivent être irréprochables et ont peu de temps pour réussir. »

Témoignages :

J’ai senti ses qualités professionnelles

« J’ai tout de suite senti ses qualités professionnelles », lance Marc-Antoine Rubi, patron du restaurant Le Rond de Serviette à propos de Khaled El Hassab, dont il a fait son second, avec à l’appui un contrat à durée indéterminée signé voici un mois.
Une belle réussite pour ce jeune homme aujourd’hui âgé de 20 ans, qui en avait 16 et demi quand il a quitté l’Égypte et la ville du Caire où vit toujours sa famille. « Notre situation financière était devenue trop difficile. Je devais partir », dit-il. Après une traversée en bateau mouvementée et terminée à la nage, après une série de mésaventures propre à ce genre de voyage, Khaled s’est retrouvé au CEP de la Douce, puis en apprentissage chez Marc-Antoine Rubi à deux reprises, fin 2015 et début 2016.
Il ne partait pas de rien avec un père cuisinier qui lui a enseigné les rudiments de son art dès l’âge de 7 ans. De plus, le jeune homme avait déjà appris le français en Égypte, ce qui constituait un atout supplémentaire.
« J’ai appris beaucoup avec M. Rubi », affirme-t-il. Quant au restaurateur, il se dit ravi de sa recrue : « Dans notre métier, je considère que nous avons un devoir de transmission. »

Bien intégré

Originaire du Mali, Daouda Diarra, qui fêtera ses 19 ans le 2 novembre, fait désormais partie du décor du café-restaurant des Trois Maillets, dont le patron, Denis Jeangérard, l’a pris en apprentissage voici un an. « J’ai quitté Bamako où je vivais, en raison de problèmes familiaux », explique-t-il. Après avoir transité par l’Algérie, la Libye et l’Italie, il a d’abord été placé à Nancy avant d’être dirigé vers Belfort pour devenir serveur. Ce passionné de foot joue aussi en équipe première de l’ASMB. « Ici à Belfort, je me sens bien intégré, c’est super », dit-il. »

Voir en ligne : http://www.estrepublicain.fr/editio...

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