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Chroniques d’exil et d’hospitalité - Vies de migrants, ici et ailleurs

Publié le lundi 27 juin 2016 , mis à jour le lundi 27 juin 2016

Source : www.lepassagerclandestin.fr

Date : mai 2016

Auteur : Olivier Favier

« Des êtres humains s’exilent pour changer leur destin. D’autres les aident à accomplir leurs rêves, parce qu’ils croient en l’hospitalité…

Les articles qui composent cet ouvrage ont été rédigés entre octobre 2013, deux ans avant qu’on ne commence à parler de la « crise migratoire », et mars 2016, au lendemain du démantèlement de la zone sud du bidonville de Calais. Olivier Favier a passé trois ans au contact des migrants ; il a réuni des entretiens, des reportages, des portraits, des analyses… qui décrivent à la fois les traversées des uns et des autres, les lois européennes, les conditions d’accueil à Calais et ailleurs...

On ne trouvera pas dans ce livre d’invitation à la pitié. Dès la première chronique, écrite en octobre 2013, Olivier Favier a voulu placer le lecteur du côté de celui qui part, afin de faire entendre tout ensemble des raisons et des rêves, des souffrances et du courage. Les migrants lui ont raconté leur vie et leur exil, dans une rue de Calais, sur une péniche à Conflans, dans l’annexe de l’église Saint-Bernard à Paris ou dans un bar clandestin de Rosarno. Au fil de ces récits, on traverse l’Himalaya à pied, le Sahara accroché à un pick-up, la Méditerranée en furie à bord de canots de fortune. On découvre, médusé, comment des êtres humains ont dû défier la mort, et souvent à plusieurs reprises, dans le seul espoir d’une vie meilleure.
Dans Paris, sixième ville la plus riche du monde, en septembre 2014 un campement de fortune s’est érigé au milieu d’un boulevard, dans l’indifférence presque générale. En mars 2016, aux portes de l’Angleterre, Olivier Favier a rédigé ses dernières chroniques au moment où la moitié d’un bidonville de plusieurs milliers d’habitants était rasée au sol par les autorités.
Il a constaté pendant ces trois années passées aux côtés des migrants, combien accueillir dignement des êtres humains qui ont fui la guerre, la dictature, la misère, n’était pas une évidence communément partagée.
Clairsemé de photographies de l’auteur, ce livre à l’écriture sensible et mordante offre un regard lucide et sans concession sur les migrations et les conditions d’accueil en France de ceux qui ont tout quitté dans l’espoir d’une vie nouvelle.
 »

Entretien avec Olivier Favier, auteur de « Chroniques d’exil et d’hospitalité »

- COMMENT EST NÉ CE LIVRE ?

« J’ai écrit le premier article à la suite du naufrage d’octobre 2013. Le manque de suivi des médias m’a incité à continuer. L’année suivante, grâce aussi aux conseils de Mohamed Mazidi de France terre d’asile, j’ai commencé à me rendre sur les points d’arrivée ou de passage des migrants, à la Chapelle, à Calais, à Conflans. D’autres sujets se sont imposés : la question des mineurs isolés, le travail de quelques cinéastes, l’accueil des migrants en Calabre. Quand à l’automne dernier, des amis ont parlé de mon travail aux éditeurs du Passager clandestin, j’ai pensé à tout ce qu’il manquait encore pour faire un livre. Je voulais en savoir plus sur la situation des femmes. J’ai choisi de finir sur l’histoire d’un sans-papier, parce que c’est le sort qui rassemble tant de migrants, qu’ils soient au non des demandeurs d’asile. »

- QU’EST-CE QUE CES RENCONTRES VOUS ONT APPRIS ?

« Ce livre contient de nombreux portraits. Chacun d’eux m’a marqué, à commencer bien sûr par celui -posthume- de mon grand-père, ouvrier italien arrivé en France à 16 ans en partie pour des raisons politiques. En écoutant les histoires des migrants, j’ai eu l’impression de saisir tout ce qu’une existence pouvait avoir d’épique, tragique, essentiel. J’ai découvert chez des jeunes de 17 ou 18 ans un courage, une joie de vivre, une sagesse qui m’ont laissé plein de respect et d’admiration. J’ai aussi croisé des militants, des associatifs, de simples citoyens qui, à Paris, à Calais ou ailleurs, refusent l’indifférence. »

- QUE PEUT-ON FAIRE ?

« On peut commencer par s’informer et échanger sur ces questions. On a besoin d’une société plus concernée, ouverte, accueillante. Ensuite, à chacun d’aller plus loin en fonction de ses désirs et de ses compétences. Il y a de grandes associations comme France terre d’asile, et des petites qui localement font un travail formidable. Toutes ont besoin de bénévoles et de moyens.
La question des mineurs et des jeunes isolés me tient particulièrement à cœur. Beaucoup ont besoin d’être accompagnés, soutenus, encouragés. Quand je vois des gamins intelligents, gentils, volontaires, auxquels personne ou presque ne s’intéresse individuellement, je me dis que ce sont autant de magnifiques rencontres qui se perdent. »

Source : France Terre d’Asile

Voir en ligne : http://lepassagerclandestin.fr/cata...


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