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Aides et dispositifs de parrainage pour les jeunes sortis de l’aide sociale à l’enfance

Publié le lundi 21 décembre 2015 , mis à jour le lundi 21 décembre 2015

Source : http://www.gazette-sante-social.fr

Auteur : Nathalie Levray

« Le Finistère parie sur la complémentarité des acteurs de la protection de l’enfance et l’engagement de bénévoles pour proposer aux jeunes majeurs sortis de l’aide sociale à l’enfance un dispositif associatif d’aide aux études et de parrainage. Objectifs  : assurer une continuité de parcours de formation et rompre l’isolement.

Marc Labbey, vice-président du conseil départemental du Finistère, président de la commission des solidarités, enfance, famille

Un certain nombre de mineurs, accueillis et accompagnés par les services du conseil départemental en protection de l’enfance, ne disposent, à leur majorité, d’aucune ressource financière ou humaine sur lesquelles s’appuyer. Le Finistère s’engage auprès d’eux grâce au contrat jeune majeur, mais la question de l’après 21 ans restait posée. Or, un des objectifs du 4e schéma départemental enfance famille jeunesse vise l’accompagnement sans rupture des jeunes de 16 à 25 ans. C’est à cela que répondent l’aide aux études et le parrainage.
Pour élaborer ces dispositifs, les services ont appliqué la méthode de travail du conseil départemental, qui impose la constitution d’équipes projet, composées de professionnels territoriaux mais aussi et surtout de partenaires, de familles et de jeunes. Grâce à ces instances communes, animées pour que chacun s’y sente à l’aise, les regards des participants peuvent évoluer et la confiance se construire. La compréhension des besoins est facilitée, chacun fait un pas de côté. Les propositions aux élus sont plus efficientes, car reflétant les ressources et les contraintes de chacun des acteurs.
La place des élus est également primordiale. Présents auprès des professionnels départementaux et des partenaires au sein de différentes instances, nous appréhendons la complexité de la protection de l’enfance et pouvons adapter nos orientations politiques, les services et les postures professionnelles, et expliquer le sens de nos décisions.
Le premier bilan de ces dispositifs, élaborés de concert, montre l’adéquation des aides aux besoins des jeunes. Ils affrontent mieux les premières années de leur vie d’adulte. Cela nous encourage à poursuivre.

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Contrat jeune majeur
L’idée de développer un accompagnement au-delà de 21 ans a émergé du besoin exprimé dans le cadre de la démarche Haut-parleurs, une série d’ateliers où parents, jeunes, professionnels et élus réfléchissent ensemble à améliorer la politique enfance. Un groupe de travail a été créé et les jeunes titulaires d’un contrat jeune majeur (CJM) ont été sollicités pour évaluer leur accompagnement : « utile » pour la majorité d’entre eux. Élargie à d’autres jeunes de 17 à 25 ans, anciens ou accueillis en protection de l’enfance, la consultation confirme ce premier résultat. « Les jeunes ont demandé à être accompagnés après leur majorité ou à la fin de leur contrat jeune majeur », rapporte Raphaël Claus, président de l’Adepape 29. « L’association s’est tout de suite portée volontaire pour développer ses aides en soutien et aide aux études ». Elle a même modifié son règlement intérieur pour pouvoir s’adresser à ces jeunes.

Ce volontarisme rencontre un écho positif au conseil départemental qui souhaite confier la mise en œuvre du projet à une association « reconnue sur le territoire », pour « ne pas institutionnaliser l’intervention ». Marie-Christine Le Clézio, directrice enfance famille, se félicite de « la présence de l’Adepape 29, essentielle au projet par sa connaissance du public et des problématiques qu’il rencontre ». En outre, le portage associatif présente l’avantage « de sortir le jeune du champ ASE et d’offrir la souplesse nécessaire à l’action et à la gestion des relations entre parrain et filleul ». Le budget est confié, sous forme de subvention, à la même association. L’efficacité du dispositif est ainsi renforcée en permettant aux bénévoles de l’association de repérer un besoin de soutien chez un jeune en demande d’aide financière et en facilitant les démarches du jeune qui n’a qu’une seule porte à pousser.

Aide aux études

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Parrainage

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Renforcer la communication
La réussite de cette pratique innovante exige que les jeunes qui éprouvent le besoin d’un soutien financier ou humain puissent savoir où s’adresser. Or, « les modalités d’accès au dispositif interrogent », note le rapport d’évaluation. Il est donc nécessaire d’amplifier leur connaissance par les jeunes, et par conséquent « de renforcer la communication » auprès des professionnels de l’enfance, établissements et services, éducateurs spécialisés, psychologues, assistants sociaux, etc. « Les professionnels ont regardé l’initiative avec un peu de recul, mais cette première expérience a montré la synergie possible », constate Raphaël Claus. L’information doit viser les éducateurs qui suivent les jeunes majeurs mais aussi ceux qui accompagnent des jeunes de plus de 16 ans. Présente à la réunion, Charline, éducatrice dans un foyer, insiste sur l’intérêt du parrainage qui « sert à amener les jeunes vers l’extérieur et à les sortir de leur isolement ».

«  Une enveloppe budgétaire de 80 000 euros par an »
L’Adepape 29 coordonne et suit les dispositifs. Une convention avec le département en fixe les modalités de mise en œuvre. Les allocations versées aux étudiants s’élèvent à 40 000 euros pour l’année scolaire 2014-2015. L’enveloppe budgétaire 2015-2016 est de 80 000 euros, dont une partie couvre les frais de gestion de l’Adepape. Les conditions du partenariat associatif sont prévues dans une charte d’engagement. Les partenaires se retrouvent au sein du comité de pilotage. Hervé, 19 ans, y participe « pour rendre ce qui m’a été donné, être le porte-parole des jeunes et dire leurs besoins ». Le parrainage est formalisé par une convention d’engagement qui précise le rôle attendu du parrain mais aussi ses limites et les modes de résolution de difficultés : l’échange et en dernier lieu le recours à l’Adepape 29.

Avantages
- Le portage associatif rend l’action souple et ne l’inscrit pas dans le cadre institutionnel de l’ASE que les jeunes peuvent être désireux de quitter.
- L’appui financier fiable facilite la poursuite d’études après 21 ans et le parrainage d’un adulte disponible rassure les jeunes.
- L’action rétablit l’égalité des chances et favorise l’insertion et l’autonomie sociale.

Inconvénients
- Les dispositifs restent insuffisamment connus et promus auprès des jeunes par les professionnels.
- Les professionnels peuvent confondre le rôle du parrain bénévole et le leur, et craindre la concurrence.
- Le calcul de l’aide doit être personnalisé pour être adapté au plus près des conditions de vie et d’études du jeune.

Chiffres Clés

[...] »

Voir en ligne : http://www.gazette-sante-social.fr/...


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