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Accueil des réfugiés : les associations demandent d’amplifier les efforts

Publié le mercredi 22 juin 2016 , mis à jour le mercredi 22 juin 2016

Source : Actualités Sociales Hebdomadaires

Auteur : A. S.

« Dans un manifeste "Pour un accueil digne et respectueux des droits fondamentaux des étrangers en France", publié lundi 20 juin à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, plus de 85 organisations - dont plusieurs têtes de réseau telles que le Secours catholique, Médecins du monde ou l’Uniopss - demandent "une nouvelle fois au gouvernement de prendre les mesures à la hauteur de la situation, de respecter ses engagements internationaux et de favoriser l’accueil dans la dignité et de manière pérenne des personnes contraintes à fuir la guerre et les persécutions".
"Un peu plus de 80 000 personnes ont sollicité l’asile en 2015" en France, et même "si les premiers mois de l’année 2016 indiquent une augmentation relative (+ 23 %) de ces demandes, ces chiffres sont sans commune mesure avec l’ampleur du défi et des efforts fournis par des pays tels que le Liban, la Turquie ou d’autres pays en d’Afrique", rappellent les signataires. Et s’ils reconnaissent "les efforts déployés par le gouvernement français pour renforcer les capacités d’accueil proposées aux réfugiés et demandeurs d’asile", ils jugent cependant que "ces mesures sont très insuffisantes et ne permettent pas à la France d’honorer ses engagements".
Pour les 87 associations, plusieurs mesures s’imposent d’urgence, à commencer par "assurer un accès légal et sécurisé au territoire français des étrangers fuyant les dictatures et les zones de guerre", généraliser "les mécanismes de réinstallation vers l’Europe des réfugiés à partir des pays de premier accueil", faciliter "la délivrance de visas aux personnes présentes dans ces pays et souhaitant solliciter l’asile en France ou en Europe". Enfin, "un plan national d’accueil global des exilés assurant leur prise en charge dès leur arrivée sur le territoire doit être mis en place", afin notamment d’assurer leur hébergement, de réduire les délais d’attente pour accéder à la procédure d’asile et de mettre en oeuvre un accompagnement sanitaire et social adapté. "Sur ce point, la réforme de l’asile de l’été 2015 a abouti à une dégradation de l’accompagnement dans les structures d’hébergement qui ont dû réduire leur mission d’insertion", estiment en effet les organisations.

Intégrer les migrants au lieu de les chasser

Par ailleurs, Forum réfugiés-Cosi - qui organisait, lundi à Lyon, sa 13e Marche des parapluies -, appelle également à "un renforcement des moyens qui permettent d’accélérer l’intégration des nouveaux réfugiés, si l’on veut que ceux-ci accèdent à l’emploi et au logement, donc à l’autonomie". Dans son rapport annuel sur l’asile en France et en Europe, qu’elle a rendu public lundi 20 juin, pour la 16e année consécutive, l’association rhodanienne revient en détails sur les "nouvelles règles applicables depuis la loi du 29 juillet 2015 réformant le droit d’asile" et créant un nouveau cadre législatif qui "soulève encore des questions" (rapport à commander sur le site de Forum réfugiés-Cosi, 15 euros).
Quant à l’association Médecins sans frontières (MSF), elle a annoncé, vendredi 17 juin, sa décision de renoncer, avec effet immédiat, aux "fonds issus de l’Union européenne (UE) et des Etats membres, en opposition à leurs politiques de dissuasion dommageables et à l’intensification des tentatives de repousser les personnes et leurs souffrances loin des côtes européennes". Et l’ONG d’expliquer, dans un communiqué, que "trois mois après la mise en place du pacte entre l’Union européenne et la Turquie, que les gouvernements déclarent comme étant un succès, les personnes qui ont besoin de protection sont laissées pour compte et représentent le véritable coût humain". Avec ce geste, MSF continue de dénoncer "la réponse honteuse de l’Europe qui se focalise plus sur la dissuasion que sur l’aide et sur la protection à apporter aux personnes qui en ont besoin".
Pour porter ses protestations, l’association a en outre lancé, lundi 20 juin, une campagne de communication percutante, autour d’une web-série relatant les aventures d’un personnage de fiction, "Johnny Hunter, chasseur de migrants", "anti-héros incarnant la violence, l’absurdité et les contradictions des politiques migratoires européennes actuelles".

Doublement des capacités d’accueil en CADA

Du côté des pouvoirs publics, le ministre de l’Intérieur a défendu son bilan dans un long communiqué de presse diffusé dimanche soir, en indiquant que "plusieurs réformes ont été conduites" pour faire face à la crise migratoire : adaptation des outils législatifs avec la loi du 29 juillet 2015, renforcement des moyens humains, en particulier à l’Ofice français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). En outre, "de nombreuses places d’hébergement supplémentaires ont été ouvertes", rappelle Bernard Cazeneuve, avec 6 000 places créées en centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) en 2014-2015 et plus de 8 500 autres en cours de création en 2016, soit des capacités d’hébergement doublées entre 2012 et 2017. Quant aux mesures d’accompagnement des migrants dans leurs démarches, elles ont permis "l’accueil et l’orientation dans des structures adaptées de 4000 migrants depuis Calais et Dunkerque et de près de 10 000 migrants en Ile-de-France depuis un an", se félicite encore la Place Beauvau, sans oublier que "des efforts significatifs ont en outre été accomplis en faveur des mineurs non accompagnés, dont la précarité humanitaire et sécuritaire suscite légitimement des inquiétudes", notamment à Calais où, dans le cadre du dispositif spécifique mis en place par l’Etat pour éventuellement déboucher sur un transfert au Royaume-Uni pour ceux qui y ont des attaches, "40 enfants, depuis le début de l’année, ont déjà pu y rejoindre leur famille".
La Commission européenne, enfin, a également pris position dans une déclaration assurant que l’Union européenne "ne fermera pas les yeux sur cette crise et [continuera] à participer aux efforts déployés au niveau mondial pour y remédier". Plus de 10 milliards d’euros ont été répartis, en 2015 et 2016, "pour remédier à la crise des réfugiés à l’intérieur de l’UE et dans des pays tiers", poursuit l’exécutif européen dans ce texte, en ajoutant avoir "triplé [ses] actions pour des opérations de recherche et de sauvetage en mer, l’année dernière, contribuant [au sauvetage] de plus de 240 000 personnes dans la région méditerranéenne".
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Voir en ligne : http://www.ash.tm.fr/actualites/det...


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