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Aux comparutions immédiates à Bobigny : "J’ai peur des policiers, j’aurais jamais fait ça"

Publié le vendredi 5 juin 2020 , mis à jour le vendredi 5 juin 2020

Source : France inter

Date : 05 juin 2020

Auteure : par Corinne Audouin

Extraits :

« (...) Et puis arrive Fouad. Il ne parle pas français, il est Marocain, il a l’air d’un gamin derrière son masque. On le dé-menotte, il garde les mains croisées dans le dos. Il dit qu’il a 16 ans et demi. La police a noté, au début de la procédure, qu’il en avait 18. Sans papiers, impossible d’en avoir le cœur net. Il a été interpellé trois jours plus tôt, à Aubervilliers. À l’arrivée de la police, il est parti en courant, il avait sur lui des médicaments, du Rivotril, un anxiolytique. Est-ce qu’il revendait les cachets à la sauvette ? Possible. Mais s’il est dans la box, c’est parce qu’il a blessé deux policières.

En cellule, il se lacère le ventre

La magistrate lit le PV de l’interpellation. Acculé par les policiers qui l’ont poursuivi à pied, il leur fonce dessus, les percute pour leur échapper. Il donne des coups d’épaule, de coude, des coups de tête, tente de prendre le bâton d’un agent. Une policière écope d’un coquard qui lui vaut 4 jours d’ITT (interruption temporaire de travail). Dans la voiture de police, ça continue, il refuse de mettre un masque, tape dans les portières. Au commissariat, dans la cellule, il se frappe le visage, se lacère le ventre avec un bout de cutter. Seul un calmant administré par un médecin parvient à l’apaiser.

Dans le box, Fouad écarquille les sourcils au dessus de son masque. Il est volubile, visiblement stressé. "C’est vrai, je me suis enfui, je me suis même débattu. Je les ai peut-être frappés sans le vouloir. J’ai peur des policiers, jamais j’aurais fait ça à des policiers." Inconnu de la police et de la justice, il est arrivé du Maroc à 15 ans, en bateau. Il n’a plus de contact avec ses parents, qui l’ont, semble-t-il, forcé à partir. En France depuis 7 mois, il survit en revendant des cigarettes à la sauvette, en travaillant au noir sur des chantiers. Les médicaments, il dit que c’était pour lui. Au Maroc, il était suivi par un psychiatre, pour des problèmes d’anxiété.

(...) »

A écouter en ligne ici.

Voir en ligne : https://www.franceinter.fr/emission...


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